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Travailler un Kata : (Juillet 2010) Pourquoi j’écris cet article : Comme je ne partage pas mes expériences d’art martial avec d’autres karatekas (à part Bernard que je rencontre de temps à autre) et que maintenant je suis convaincu que toutes les expériences de chacun (bonnes ou mauvaises) peuvent profiter à autrui, je profite de ce site pour transmettre une partie de ce que j’ai reçu (on dit : donner pour recevoir !, moi j’ai reçu et aujourd’hui je donne le peu que je sais à qui veut l’entendre). De temps en temps, il est bon de faire le point sur son passé et le présent. Faire le bilan et écrire son « état » permet de : · Figer, ou ne pas oublier (pour ainsi permettre de maximiser le profil et la progression dans le futur). · Rechercher tout ce qu’on a en soi (parfois sans le savoir) et de le ressortir pour le faire apparaître (à ses propres yeux). · Mieux se rendre compte de son évolution (ou régression) à postériori (donc je prévois ici mon bilan « à postériori » futur).
Mon histoire ou plutôt l’analyse et la synthèse de celle-ci : Lorsque je faisais partie d’un dojo (l’Académie des Arts Martiaux Neuchâtel, le Shirasagi dojo Colombier, le karaté club Düdigen, puis le Saïgokan karate club Bulle (S.K.A.)), mon entraînement était varié (technique seul, à 2 ou 3, combat et kata), je percevais seulement le kata comme un moyen de travailler des techniques et des enchaînements seul, mais mon axe de travail préféré était le randori et le combat. Depuis quelques années, mes quasis uniques entraînements se font seul et je travaille principalement les katas. Pendant longtemps, j’ai uniquement mis l’accent sur le rythme, la vitesse, le regard, la respiration et le kimé. Depuis 2,5 ans, j’ai ouvert mon esprit et tenter d’approfondir ou d’élargir mon éventail (aller savoir pourquoi). Toujours est-il que ma quête m’a fait chercher de part et d’autre, et je peux dire que mon regard envers le kata est aujourd’hui tout autre, j’y ai découvert un univers car (comprend pas pk mettre ce mot) sans fin (à chaque fois que je me suis dit : -quand j’arriverai à maîtriser ceci, à être comme cela, j’y serai ! Une fois cet « état » désiré atteint, une autre idée s’est profilée à l’horizon pour ne pas en dire 2 ou 3 nouvelles) Ce qui augmente de jour en jour les possibilités de travail. J’estime que le niveau de mes connaissances et compétences viennent :
Toujours est-il que chacun m’a laissé une partie de son héritage (ils se distinguent tous les uns des autres tant au niveau de leur personnalité, qu’au niveau de leur style ou orientation d’art martial ce qui a mon sens augmente la richesse). Je voudrais juste mettre en lumière par ces quelques lignes : · la richesse par la diversité ! · il faut beaucoup de cours d’eau pour former un fleuve !
Les phases de travail sur un kata :
La découverte (ou l’apprentissage) : Au dojo : Le sensei montre technique après technique, morceau après morceau les positions, les déplacements et les techniques que l’élève exécute en copiant le sensei et en suivant toutes ses indications. Le sensei regarde l’élève et le corrige. L’élève apprend petit à petit l’ensemble du kata au niveau des positions, de la vitesse, du kimé, du regard, du kiaï, des enchaînements sous le regard du sensei. Pour mieux visualiser ou comprendre les techniques, le sensei peut montrer le bunkai de certaines parties. En autodidacte : Pour commencer, il s’agit de trouver une littérature avec images, schémas et descriptions détaillés (comme la vitesse de la technique et des enchaînements, le kimé, le regard, la respiration (celle de R.Habersetzer me plaît)). Il s’agit aussi d’avoir un film afin de mieux percevoir les enchaînements (j’ai trouvé mon bonheur avec ceux H.Kanasawa en particulier (sur Youtube)). Avec les « planches », il s’agit de mémoriser les dessins mentalement afin de se faire une idée du schéma, des postures, des déplacements, des enchaînements et après, de copier les images en pratiquant (revenir sur la mémorisation et retourner à la pratique, ceci 2 à 3 fois jusqu’à ce que la base soit su). Ensuite, il faut lire et mémoriser le descriptif pour se rendre mieux compte et pouvoir se corriger, c’est là qu’est ajouté la notion de regard, vitesse et kimé (pratiquer, re-mémoriser et re-pratiquer jusqu’à satisfaction). Au moment opportun, le film vu sous plusieurs angles complète certaines parties obscures pour le « copiage » du kata. Les phases de mémorisation se font « hors entraînement » (ex : pendant les transports comme le train, le bus ou à pied(s)). Les phases de pratique se font avec les images en main. Ce qui manque le plus, c’est la vue de l’extérieur, afin de se faire corriger. Alors, prendre le temps et se regarder ou (re)sentir est un moyen. Pour mieux assurer le copiage du kata, on peut se filmer et mieux voir ainsi les détails à améliorer. En autodidacte, j’estime à environ 10 fois le temps pour apprendre un kata.
L’approfondissement : La pratique intensive dans un court délai et suffisamment longtemps permet de ne pas oublier certains détails et de vraiment garder le kata en tête et en corps. Maintenant que la maîtrise de la base est acquise, on se rend compte qu’une foule de détails nous manque, on sent aussi le besoin de travailler certains passages « faibles ». Au dojo : Fraîchement appris, il est important de le travailler sous le regard attentif du sensei, car c’est aussi à ce moment là que des dérives peuvent s’installer. En autodidacte : On pense ne plus avoir besoin de l’ouvrage de référence, ni de re-visionner le film, mais si on ne se remet pas en cause, c’est là qu’une dérive pourrait arriver.
Il est important de faire le kata juste, mais comme · tout ne peut pas s’apprendre en même temps, · avoir une attention particulière sur tout en même temps n’est pas possible, Alors, pour s’entraîner, pratiquer le kata sous des angles différents avec un accent différent pour chaque angle est une manière d’avancer et de tenter de trouver le kata juste.
Très lentement en décontraction : Mots d’ordre : Technique propre, mouvements accentués (ou profond) et centre de gravité. · Bien se concentrer sur toutes les parties du corps ou les « points de forces », la respiration profonde, sans kimé, les techniques amples, les positions basses avec équilibre afin de toujours se centrer sur son hara (y compris lors des déplacements).
Très lentement avec kimé progressif : Mots d’ordre : Idem ci-dessus et kimé progressif. · Comme en décontraction, mais en ajoutant le kimé en progression lente et toujours centré sur son hara. · Lentement à l’extrême afin d’entraîner une respiration et un kimé lent et profond (sentir la contraction partant du hara et progresser jusqu’aux bouts des orteils et des mains simultanément, se visser au sol).
Rapide et complètement détendu : Mots d’ordre : Equilibre, respiration (expiration et inspiration), coordination, décontraction. · Faire chaque technique le plus rapidement possible tout en restant juste et en gardant son centre de gravité au hara. · Comme précédemment, en position d’abord hautes, ensuite basses et toujours détendu, avec la respiration contrôlée (sans s’essouffler). · Faire le kata extrêmement rapidement du début à la fin presque sans « pause », avec une respiration rapide et juste. · Faire le kata très rapide en ajoutant le kimé tout en gardant l’équilibre.
D’autres variantes d’entraînement :
Variantes du kata : Le sensei nous a montré son kata, il a corrigé l’élève selon ce qu’il pense ou ce qu’il sait. Mais il y a plusieurs alternatives selon les avis des différents sensei ou plutôt leur racine. Le sensei a peut-être aussi montré « son » kata avec des divergences propres à lui, sans pouvoir enseigner les différences. Le moment est venu de voir ce que les autres sensei font. Un bon moyen est de visionner sur internet la vidéo de différents sensei afin de se faire une idée (il y a des vidéos de démonstration et celles d’enseignement). Comment savoir ce qui est juste (copier son sensei, le livre de référence, le film vu sur internet, autre ?).
Bunkai : Il existe 2 alternatives pour aborder le bunkai :
Etat d’esprit de recherche d’un bunkai : Un kata a été créé par un karatéka qui avec ses propres « caractéristiques », a vécu, imaginé ou senti à un moment donné quelques choses d’extraordinaire à tel point qu’il a figé ceci pour devenir le kata que l’on tente de saisir aujourd’hui. L’idéal étant de faire le « même » kata avec le même esprit en tout temps et donc de trouver le même bunkai, celui qui colle à l’original. Pour trouver ceci, il s’agit de « varier » afin de « découvrir ».
Il se peut qu’entre sa propre invention du bunkai et le kata (posture, déplacement, attaque ou défense, vitesse, kimé, regard), des différences s’installent. Une question à se poser est : Est-ce une partie cachée de l’inventeur du kata ou une divergence de soi-même ? Peu importe, tant qu’on avance en gardant le kata original à l’esprit et en corps.
Idées pour la recherche d’un bunkai : · Faire ce qui arrive dans la tête sans rétention. · Garder l’esprit vide · Varier l’atmosphère et l’environnement. · Prendre le temps (ne pas être pressé). Si rien ne vient à l’esprit, ne pas s’entêter et poursuivre depuis une autre partie du kata (revenir un peu plus tard (un jour, une semaine ou un an après)). · Visualiser bien nettement un adversaire après l’autre, puis tous en tout temps du début à la fin et se poser la question de la cohérence. · Varier le profil type des adversaires (petit ou grand, mince ou gros, freluquet ou baraqué, rapide ou lent). · Penser aux genres de techniques (luxation, immobilisation, projection, esquive, feinte, frappe aux points d’atémi, avec aide d’arme (ex : le « bo »)). · Penser à la façon d’agir ou de réagir (sen non sen ou go no sen) · Changer la vitesse et la force d’une technique. · Ajouter ou changer des déplacements afin d’ajuster les distances et positions par rapport aux adversaires · Changer l’état d’esprit d’une technique. · Garder les mêmes actions des adversaires et en changeant le « kata ». Très vite on se rend compte qu’un bunkai est adapté à son propre état d’esprit du moment (niveau technique ou morphologie des adversaires et réaction face à eux). Pendant plusieurs semaines j’ai eu de la peine à trouver une cohérence aux suites d’enchaînements, car mon état d’esprit amenait à une destruction ou anéantissement immédiate des adversaires (dés le 1er coup). A cette période, en dehors du karaté, mon état d’esprit était très fort, Je faisais tout pour ne rien laisser dernière moi (tout était régler très vite et du 1er coup) et ainsi, le karatéka n’arrivait pas à obliger son esprit vaincre en plus d’une technique afin que la suite ne devienne pas superflus. A partir de là, nous pouvons vraiment penser à ce que l’on fait en pratiquant le kata avec une solution de bunkai en tête et en corps afin de le vivre pleinement! Il est intéressant de se remettre en question de temps en temps, car le bunkai évolue et idéalement, il ne devrait pas être préparé, mais plutôt être vécu et réinventé à chaque fois.
L’étymologie ou l’esprit du kata : Chaque kata a un nom japonais et heureusement, la littérature nous donne la traduction en français. Je n’y ai longtemps pas pris garde bien que l’ayant appris. Un jour, non satisfait de mon application d’Enpi (vol de l’hirondelle), j’ai fermé les yeux et me suis mis à penser être une hirondelle avec de petites ailes, volant rapidement et de manière saccadée. J’ai démarré Enpi avec les yeux mi-clos pour tenter de garder l’hirondelle en tête et en corps. Ce kata m’a semblé parfait au niveau des sensations, du rythme, de la contraction / décontraction. J’ai tenté d’en faire de même avec d’autres katas d’oiseau comme : Gangaku (le héron sur le roché) avec de longues ailes et pattes transformées en sabres. Gojushiho (le pic vert) petit, léger, rapide avec son bec qui pique. L’étymologie du kata aide à le comprendre, à s’adapter à lui (ne pas traverser la grande forteresse avec l’esprit et le caractère d’une petite hirondelle). Il reste à apprendre, comprendre et s’imprégner de la signification originale de chaque kata (à première vue, les katas d’oiseaux devraient être plus faciles que « la main vide »).
L’intégration : J’imagine que lorsqu’on commence à percevoir ou sentir ce qui est écrit ci-dessous, je peux m’imaginer que l’on pourrait considérer le kata comme intégré. · Sensation de bien-être dans son corps et son hara (aussi la non-sensation). · Sensation d’éveil ou de contrôle de soi et de l’environnement, le dynamisme passif. · Sensation que le temps s’arrête (et pourtant l’horloge tourne toujours). · Sensation de vitalité (même après un long travail, moins « fatigué » après qu’avant). · Salivation excessive. · Harmonisation ou arrondissement des mouvements (mêmes rectilignes). · Passage de la fluidité à la contraction extrême, de la vitesse à l’arrêt net. · Passage de la légèreté à l’enracinement. · Passage d’un mouvement sous tension (uniquement psychique) à l’explosivité en finissant par une contraction total. · Visualisation des adversaires au point où le kata pourrait se transformer en vrai combat.
10 éléments d’un kata selon Masatoshi Nakayama :
Notes personnel : 1) L’étymologie ou l’esprit du kata aide à le comprendre, à s’adapter à lui. 2) Le rythme variable et adapté (le lièvre survit dans son monde sauvage et intrépide grâce à son changement de rythme et de direction). 3a) La force, la détente ou le kimé profond ou rapide (pour que ça parte du hara, le garder sous tension). 3b) L’angle adapté au but (son équilibre et le déséquilibre d’autrui, force contre force ou tangente). 4) La respiration sous contrôle (quand respirer comment ?, pas dans la gorge, mais dans le hara, profonde ou courte, en expiration ou en inspiration). 5) Penser à ce que l’on fait (c’est aussi le bunkai). 6a) La rigueur dans tout, copier scrupuleusement, sans divergence 6b) Le regard précède, le regard large, ne fixant rien et toujours bas (voir tout, sans dévoiler, ni craindre).
Nombre de kata :
Connaître de nombreux katas fait toujours
bonnes sensations vis-à-vis d’autrui C’est aussi bien au niveau technique, car chaque kata à des particularités et des passages techniquement difficiles qui ne se trouvent pas ailleurs (raison + noble). Apprendre des katas pour connaître des passages techniques intéressant c’est bien. Le manque de reconnaissance (en tant que karatéka) et mon désire d’augmenter le nombre de techniques m’a fait débuter cette quête. Durant 2,5 ans, je n’ai travaillé que les katas dit supérieurs et ceux dit de Maître (les autres me paraissaient trop simples), j’en ai appris de nouveaux avec un assez bon rythme (en réalité, 1 nouveau chaque 2 mois (avec un travail quotidien et assidu)). Tout ceci fait qu’aujourd’hui, je « connais » de nombreux kata : 3 Taikyoku, Ten no kata omote shodan, 5 Heian, Tekki shodan, 2 Bassai, 2 Kanku, Chinte, Enpi, Gangaku, Nijushiho, Hangetsu, Sochin, 2 Gojushiho, Jiin, Jion, Jitte, Wankan. Je m’étais même aussi préparé pour apprendre Meikyo et Unsu, quant un jour, en réfléchissant, je me suis posé quelques questions : · Est-ce que je prends le bon chemin ? · Est-ce que je ne survole pas trop les katas (dû au nombre important et à la jeunesse de ses découvertes) ? · Que veulent dire les Sensei de renom en disant pas plus d’un kata par an !? Avec beaucoup de courage, j’ai retravaillé les 5 Heian et Taikyoku, Je les ai approfondis et recommencer à les découvrir. J’ai un peu ouvert les yeux et trouvé un autre sens au mot kata. Depuis, mon avis est le suivant : · S’il est nécessaire de flatter son égo de temps en temps, le faire pour garder la motivation (pour le reste, je ne vois pas d’intérêt personnel). · Garder en vue tous les katas pour ne pas oublier ceux qu’on a appris (garder la richesse des différentes techniques). · Mettre l’accent sur 1, 2 ou 3 katas durant une longue période (pour passer de la découverte à l’approfondissement et qui sait, peut-être un jour à l’intégration). · Changer de temps en temps le kata que l’on approfondi. · Les katas de « Maître » ne sont pas ceux qui m’ont le plus apportés (jusqu’à aujourd’hui).
Conclusion : En décidant de mes entraînements, j’ai la chance de pouvoir choisir l’orientation de ceux-ci par rapport à mon état psychologique et physique du moment. J’ai l’impression que c’est toujours profitable de toujours s’adapter à soi-même (beaucoup d’avantages en plus de celui de la motivation). Exemples : · Faire le vide lorsque l’esprit est trop occupé (pas de bunkai) · travailler en détente lors de courbature · lentement et respiratoire lors de fatigue accrue ou blessure · les bunkai le matin lorsque l’esprit clair Dans ce paragraphe je veux dire qu’il vaut mieux s’entraîner de manière intelligente plutôt que d’être inactif, inefficace ou de s’abîmer. Pour forger son mental ou sa résistance, la méthode de travail serait différente de celle évoquée dans ci-dessus. En travaillant uniquement les katas, j’aurais pu m’imaginer que je sente des manques ou des lacunes, mais il n’en est rien (si c’était le cas, je n’en suis simplement pas conscient). Cette impression que j’ai, pourrait peut-être montrer que la façon de pratiquer un kata peut se suffire, se compléter à elle seule. Ne pas s’étendre ! 1 kata en 1 an, le travailler de manière approfondie, variée et perpétuelle. Pour y arriver, il faudra s’entêter, persévérer, approfondir, se remettre en cause, rechercher sous différents angles, ressortir tout ce qu’on a au fond de ses tripes ou hara, pratiquer de nombreuses heures, faire le vide pour ouvrir l’esprit à de nouvelles découvertes et repousser la limite de ce qu’on peut attendre d’un kata. Comme le dit si bien Bernard : -C’est bien d’écrire, mais c’est mieux de s’entraîner ! Alors cet article s’arrêtera là. Cédric Comment optimiser sa progression : (Mai 2010) Introduction : Pour ceux qui se démotivent face à la non-réussite, pour ceux qui ne se voient pas progresser, ou n’arrivent pas à progresser, pour ceux qui se disent je devrais, mais je n’y arrive pas. Une partie des solutions se trouve à mon sens dans la motivation, le suivi et la rigueur. En ce sens, ces quelques « outils » ou « méthodes », aideront à accomplir, réussir ce qui nous motive et nous aide à continuer, à avancer.
Management By Objectifs (MBO) : Ce terme « barbare » veut simplement dire que nos activités devraient toujours être définies par des objectifs à atteindre. Ainsi :
Ce résultat en tête nous guide, nous « oblige » à faire ce qu’il faut pour y arriver, nous rappelle ce qui reste à accomplir ou à savoir. Avec ceci en tête, on en tiendra compte dans la plus primitive et simple de nos actions.
Expérience « Gros cailloux » : Prenez
un seau et remplissez-le de gros cailloux jusqu’à ras bord. A chaque étape on croit que le seau est plein, mais on arrive encore à le remplir (jusqu’à l’ajout de l’eau). Dans la vie, les gros cailloux sont ce qui est important (santé, famille, ami(s), rêve(s)). Les graviers sont les tâches quotidiennes obligatoires (travail, dormir, manger,..). Le sable représente les peccadilles de la vie.
o Si l’on ne prend pas garde, il y a souvent trop de sable dans le seau de la journée.
Aspect temporel dans un objectif : En 1er lieu, un objectif long terme et personnel est fixé (je veux arriver où dans ma vie ? à être qui ? à savoir faire quoi ?). Par rapport à cet objectif, un autre est fixé un peu plus court terme, =>annuel, ensuite des objectifs mensuel et hebdomadaire et enfin quotidien sont définis.
· Si l’on commençait par les objectifs « court terme », ou si l’on ne pense qu’au court terme (jour), une semaine après, un mois après, un an après, on se rendrait compte qu’on n’a peut-être pas fait ce qu’il fallait pour le futur (le passé ne se change jamais, mais le présent avec la vision du futur est plus gratifiant (a posteriori)). o Pour réussir un objectif à plus long terme, il faut avoir au moins un objectif à plus court terme en corrélation avec lui. · Pour ne pas se laisser bouffer par le temps, l’expérience « gros cailloux » montre que fixer des objectifs pour ce qui est important et les tenir en priorité est primordial. · En pratique, pour ma part, j’ai 2 (-3) temps d’objectifs : (long terme,) année, semaine : o Les objectifs hebdomadaires : § Ils doivent aussi me permettre d’atteindre les objectifs annuels. § J’ajoute des éléments séparés qui me tiennent à cœur pour la semaine et qui n’ont parfois rien à voir avec le plus long terme. o Les objectifs quotidiens ne me sont pas nécessaires, ils sont implicites : § ça suit obligatoirement les objectifs hebdomadaires et de ce fait annuels.
Un objectif idéal devrait comprendre les éléments suivants SMART(E) : Spécifique (le cadre est défini et doit représenter quelque chose de concret) Mesurable (je dois pouvoir remarquer qu’il est atteint (avant « non », après « oui »)) Acceptable (tout mon être doit être d’accord avec lui) Réaliste (je dois « savoir » que je peux y arriver (en réussir un motive)) Temporel (avec une date de fin, on maîtrise le temps ou c’est lui qui nous maîtrise) Ethique (doit respecter l’éthique de sa vie)
Remarque : · Dès que l’objectif entre dans le complexe (sentiment, impression, ressenti), il est très difficile de mesurer le résultat. · Mieux vaut un objectif simple et le réussir qu’un trop « hors de portée » et ne jamais l’atteindre. o Après l’avoir accompli, on est motivé, et content, et on s’en commande d’autres. o Ne pas craindre d’avancer trop lentement, mais craindre de s’arrêter ! · L’objectif : « Je veux devenir un « maître » en travaillant 5 minutes par semaine » ne satisfait aucun point du SMART. o Spécifique : le mot « Maître » veut dire quoi (en pratique) ? o Mesurable : comment savoir si j’en deviens un ? o Acceptable : en disant 5 minutes par semaine, suis-je vraiment décidé à y parvenir ? o Réaliste : l’investissement par rapport au résultat attendu n’est-il pas aberrant ? o Temporel : sans notion de temps, peut-on y arriver ? Si ce n’est ni S ni M, c’est qu’il faut encore décortiquer, simplifier (ex : si l’on veut « être au sommet d’une montagne », le garder comme objectif, mais il faut s’en donner d’autres par étapes (voir « technique du salami » de l’article précédent)). · L’objectif : « je dois améliorer le kime de mon oi-zuki, car mon poing n’est pas encore toujours « fixe » à la fin. Je me donne 1 mois » » satisfait SMART. o Spécifique : la contraction du oi-zuki est précise et concrète (représentatif). o Mesurable : le résultat attendu est « visuellement » visible. o Acceptable : c’est en accord avec ce qu’on peut attendre d’un karateka. o Réaliste : je me sens apte à y arriver. o Temporel : je me laisse du temps pour y arriver mais pas trop. Chaque fois que je me pencherai sur un élément, je ferai des tests, je tenterai de cerner mon problème et les moyens d’y parvenir. Je contrôlerai régulièrement où j’en suis, quel travail il me reste à accomplir, dans combien de temps j’estime pouvoir y arriver et le temps qu’il me reste. Je me donnerai les moyens d’y arriver (si au dojo, je ne fais pas assez de tests, drill dans la façon qui me convient, j’entraînerai ceci aussi en dehors du dojo). Quand j’atteindrai mon objectif, je serai content, fier et motivé à me donner d’autres « challenges ».
La rigueur et le suivi pour tenir un objectif : les 3 C Après avoir dit où l’on veut aller, s’être fixé des objectifs SMART(E), il faut les suivre : (De belles paroles ne valent rien si l’on n’est pas capable de les assumer, de les tenir !) · CONTRÔLER le résultat · CORRIGER les objectifs en fonction · Se COMMANDER de nouveaux objectifs Remarques :
Les étapes selon Prochaska :
Les objectifs SMART et les 3 C aident à permettre l’amélioration continue selon des cycles ou des spirales positives. Voici les étapes de progression ou évolution selon « Prochaska » :
Conclusion : Avec ces idées, ces réflexions permanentes et de la rigueur, je suis convaincu que certaines réponses seront amenées, mais je suis tout à fait conscient que d’autres questions se soulèvent. On dit qu’un chercheur ne trouve pas toujours ce qu’il cherche, mais il peut parfois trouver ce qu’il ne cherchait pas ! · si je ne trouve pas ce que je cherche, que j’y ai mis toute ma force et mon énergie, mon honneur, comment est-ce que je peux me relever de cet échec ? o il faut savoir se relever d’un échec, y faire face (se couper un doigt ou se faire hara-kiri ne résoudra rien). o Si mes objectifs sont trop « simples », je réussirai toujours tout. Mais le mental se forge avec des échecs. D’ailleurs ne dit-on pas « apprendre par l’échec » ? Ceux pour qui tout est facile, tout leur est dû, n’arriveront jamais à surmonter le moindre petit échec. § Pour son patron ou pour épater la galerie, le résultat est important, mais pour sa vie, le chemin l’est encore plus (à mon avis). · pour trouver ce qu’on ne cherche pas : o l’esprit devrait-il être plein « d’objectifs » ? (dans ce cas, rien ne peut rentrer) o l’idéal, ne serait-il pas de vider l’esprit ? (pour mieux le remplir) o lorsqu’il est à nouveau plein (de nouvelles choses) § ne faudrait-il pas à nouveau le vider (sinon rien d’autre ne peut rentrer) ? · la solution ne serait-elle pas de ne jamais retenir ce qui nous vient à l’esprit (le vider au fur et à mesure) ? o Comment vider l’esprit et en même temps, charger la tête avec tous ses objectifs ? Tout ceci pour relativiser les avantages de la méthode des objectifs. A chacun de trouver sa voie, ses méthodes. Je n’ai rien inventé, la seule prétention de ces quelques lignes est d’apporter quelques idées (nouvelles). Le lecteur en fera une réflexion critique, il prendra du recul, gardera ce qu’il y trouve d’intéressant, jettera le reste et peut-être qu’il intégrera au quotidien certaines idées. Cédric Les katas, catastrophe ou cataplasme… (Avril 2010)La signification des katas est souvent expliquée comme étant des combats imaginaires. Mais que se cache-t-il vraiment derrière les katas ? Pourquoi les anciens maîtres les appelaient-ils « trésors infinis » ? Sont-ils utiles ou nuisibles ? Je vais tenter d’expliquer ce que la pratique des katas peut apporter et aussi secouer le cocotier au sujet de toutes les débilités qui sont dites à ce sujet. Je rappelle que le mot kata signifie « forme », dans l’idée d’un moule de fonderie. Le karatéka doit se « former » aux techniques du karaté en pratiquant le karaté dans une forme contraignante. De plus, le karatéka peut entraîner et améliorer toutes sortes de qualités utiles en combat sans l’aide d’un partenaire. La pluralité des techniques et des déplacements, mais également la respiration, la symétrie, l’équilibre, la vitesse, la force, l’explosivité, la stabilité et bien sûr le mental. La pratique des katas joue un rôle essentiellement pédagogique visant à la préparation du karatéka. Malgré la férocité des kiaï et l’intensité d’une pratique sincère et passionnée des katas, ce n’est pas du combat. Le 18ème kyukun nous rappelle que le combat réel est différent du kata. Un militaire qui apprend à manier son fusil et à tirer sur une cible, ne fait que s’entraîner au combat, il ne combat pas. L’entraînement des katas n’est qu’une facette de l’art du combat et ne fait pas de celui qui s’y entraîne un combattant. Les spécialistes en combat sont souvent médisants à l’égard des katas en disant que ces derniers sont nuisibles au combat, ou plus exactement à l’apprentissage du combat. Selon eux, le travail du kata est stéréotypé, ce qui ferait que le karatéka perdrait de sa spontanéité, qui est pourtant une faculté importante en combat. Seulement, j’en reviens à mon militaire qui s’entraîne sur une cible. S’il est vrai que les conditions qui règnent dans un stand de tir ne ressemblent en rien à celles de la guerre, il paraît pour le moins important de savoir tirer avant d’aller à la guerre. Comparer les katas sous l’angle du combat, ou inversement le combat sous l’angle des katas est une erreur. Cette comparaison est souvent faite par des spécialistes de l’une ou l’autre discipline. Le spécialiste ne fait que du kata ou que du combat dans le but de devenir le plus fort, voire le meilleur, dans sa discipline. L’erreur réside dans le fait de séparer les éléments katas et combats. Ils font tous les deux partie du karaté-do et sont des outils de développement utiles à la progression du pratiquant. La pratique des katas apporte au combat, et la pratique du combat apporte au pratiquant de katas. Il n’y a aucune dualité, mais de la complémentarité. Sous cet angle, il est parfaitement infondé de vouloir comparer ce qui, en fait, est complémentaire. Tout pratiquant de karaté-do devrait donc tout faire pour progresser en kata et en combat. Certains dojos n’hésitent pas à fractionner les entraînements. Un cours kata par ci, un cours combat par là... Ce faisant, les gens ne font que ce qu’ils aiment... Le club s’enrichit, les médailles pleuvent et tout le monde est content. Le karaté à la carte forme des spécialistes en appauvrissant tristement l’art martial. C’est un peu de cette façon que certains parviennent à rendre la misère séduisante... Progresser en katas est une toute autre histoire. Au début cela peut paraître assez cool, mais cela devient vite rébarbatif. Les répétitions inlassables pèsent vite lourd sur le mental qui préfère l’éclat de la surface aux profondeurs des abysses. Si le kata a une utilité, c’est bien celle d’une recherche en profondeur. Celle-ci va de pair avec un travail de longue haleine où patience, persévérance et régularité en sont les principaux secrets. Toutes les autres facettes du karaté, soit technique seul ou à deux, frappe, et combat conventionnel ou libre, doivent être entraînées en parallèle. Chaque facette est un soleil pour les autres. L’entraînement de toutes les facettes est indispensable, car chaque facette apporte à l’autre et ainsi de suite. Travailler que le kata ne servirait qu’à faire un bel exercice chorégraphique. Le travail des katas prend du temps, il est donc difficile d’entraîner des dizaines de katas en profondeur. L’entraînement idéal serait d’apprendre les katas au dojo et de les entraîner seul afin d’apprendre à les vivre plutôt que de les imiter. Pratiquer quelques katas de plusieurs façons, est bien plus profitable que d’entraîner beaucoup de katas toujours de la même façon. En somme, il est bien plus profitable de maîtriser parfaitement un nombre restreint de katas, que de connaître superficiellement un grand nombre. A mes yeux la pratique des katas est donc importante. Travailler régulièrement un nombre restreint de katas permet une maîtrise qui ouvre des perspectives illimitées qui sont en phase avec les capacités du karatéka. C’est un excellent moyen d’apprendre à se connaître. J’entends en profondeur. Sa respiration, ses rythmes internes, ses blocages, ses peurs... Les katas font partie du karaté mais l’entraînement ne doit pas se limiter qu’à la pratique des katas. Le karaté do est coloré. Vouloir en extraire qu’une seule couleur, revient à passer à côté de l’arc-en-ciel ! bernard Mars 2010 En ce début d’année 2010, je vous propose un premier article écrit par Cédric. Ceux qui pratiquent depuis longtemps s’en souviendront peut-être. Il a été contraint à l’exil dans le canton de Fribourg… pour des raisons professionnelles et familiales. Cédric fût mon partenaire particulier au milieu des années 90. Les vieux chênes de Planeyse en frémissent encore !.. Maintenant Cédric s’entraîne seul et continue à être passionné par l’esprit et la pratique du karaté. bernard Vie moderne philosophie martiale (mars 2010)
Je vis en Suisse dans un
monde moderne et civilisé !
La durée/périodicité des entraînements pour devenir et rester efficace : Comment avoir une pensée martiale alors que notre monde est dénué d’ « agression (physique) ». Comment être performant lorsque la durée/périodicité des entraînements est très faible (sur environ 120 heures éveillées par semaine, un karateka moyen (comme moi) vit moins de 5 heures de pratique par semaine. Comment s’améliorer, développer, endurcir sa « technique » et son « caractère ») ?
L’immersion totale pour être efficace. Après s’être occupé des obligations (professionnelles, économiques, familiales et sociales) et des besoins primaires (manger, dormir, ..), il ne reste en principe plus beaucoup de temps.
La motivation pour l’apprentissage du Karaté martial : Que chaque karateka apprend/pratique le karaté sportif, c’est logique (dans ce monde moderne et civilisé), mais pourquoi avoir envie d’aller plus loin et de pratiquer l’art martial ?
Mon début de solution : De mon côté, je pense avoir trouvé un chemin qui me motive à pratiquer le karaté et me fait vivre plus l’art martial (hors pratique active du karaté (donc en plus des X heures de pratique « active » par semaine). Dans ce qui suit, je tente de démontrer qu’à chaque moment de la vie, la pensée martiale aide et que pratiquer l’art martial aide dans la vie (la pratique du karaté m’aide dans la vie et la vie m’aide pour la pratique du karaté). Si tel est le cas, je trouve un sens à toutes les activités et donc deviens plus motivé pour pratiquer le karaté. On peut vivre, expérimenter, chercher dans une activité et appliquer dans l’autre et vice- versa.
Toujours garder le self contrôle, son sang froid (l’esprit reste au centre) : La rage amène une grande efficacité, mais pas à l’efficience (pas à agir juste). L’esprit clair permet plus facilement d’arriver à nos fins. La maîtrise de soi permet d’utiliser l’environnement, toutes les forces de son être et celles de l’entourage pour arriver à ses fins. Ceci est évidemment valable en combat et dans la vie de tous les jours.
Être prêt à tout en tout temps (être ouvert, attentif et non concentré !) : Si l’on est concentré sur un travail (planning, discours, programme), la moindre perturbation extérieure nous déconcentrera, nous fera perdre le fil. Pour ceux qui ont un fort pouvoir de concentration, ils ne verront pas les stimulis extérieurs qui montreraient une faille d’autrui ou de soi-même (mon interlocuteur ne comprend pas ou s’ennuie ; sa garde est toujours ouverte si je fais ça ; si je suis comme ceci, je l’intimide et il perd ses moyens, …). Être ouvert veut aussi dire ressentir, s’imprégner de ses émotions, de son subconscient, de l’environnement, des émotions d’autrui. De cet état, on percevra mieux les actions à entreprendre. Je parle aussi du subconscient, car il arrive qu’une pensée totalement fortuite me vienne à l’esprit et je sais que je dois en tenir compte, comme un appel à agir. Il semble que c’était très difficile de suivre Me Ueshiba lors de ses déplacements, car il changeait de chemin sans cesse (ses intuitions devaient guider son chemin). Donc il faut rester zen en tout temps. D’ailleurs, un maître zen a écrit qu’il n’a pas besoin de se préparer pour donner une conférence ou tenir un discours. Il a juste besoin d’être présent et le reste suit. Être attentif à ses forces et ses faiblesses permet de les connaître, de mettre en avant ses forces et réduire/corriger ses faiblesses. Être ouvert permet de ne pas tricher avec soi-même, de rester vrai. Ainsi on croira en soi et en s’ouvrant aux autres, les autres croiront en nous et ainsi notre chemin, notre place sera tracée et justifiée.
Savoir encaisser, réagir ou agir : a) Encaisser : Les stimuli négatifs que l’on reçoit devraient avoir le même effet qu’une goutte d’eau tombant dans l’eau (petit bruit, légères vagues et ensuite plus rien) ou comme le oi-zsuki dans la paillasse (cette dernière remarque me vaudra certainement un test de mon sensei Bernard (on va dire que j’y suis préparé)). Parfois, les remarques désobligeantes ne doivent même pas être entendues. b) Action égal réaction : tout changement de l’environnement mérite une adaptation personnelle (le roseau et le chêne). Il n’y a pas un jour qui ressemble au précédent, l’évolution est permanente. Alors, autant réagir aux changements. c) Agir avant (sen no sen) : sentir, prévoir et anticiper les actions telles qu’il n’y a plus rien à en dire ou à ajouter et de ce fait, c’est fini avant de commencer. Avez-vous remarqué que le titre est à l’envers ? D’abord agissons pour le futur en étant proactif, réagissons à tout ce que l’on n’a pas pu anticiper et sachons encaisser ce qui nous a dépassé (il y a toujours quelque chose / quelqu’un qui nous dépasse).
Ne jamais « essayer » mais toujours faire ou ne pas faire : Il ne devrait exister que 2 états la non-action et l’action. A la fin de l’action, il y a uniquement la réussite. Celui qui essaie n’est pas convaincu de ce qu’il fait, n’est pas entier, ne s’investit pas. Si mon chef me donne une « mission impossible » et que j’essaie, j’ai moins ou pas de chance d’y arriver (je laisse de côté l’ego vis-à-vis de mon chef, car c’est du paraître et le paraître n’a pas d’importance face à l’être). Si je devais être un jour confronté à la mort, je ne ferais pas qu’essayer.
Agir quand ça sert, se soucier quand c’est utile, ou vivre pleinement le moment présent : Être à son affaire, c’est s’imprégner de « tout » à chaque moment. Pour faire mieux, pour profiter des avantages de ce qu’on fait. C’est même possible de faire une découverte inattendue (« chercheur »). Si je pense au week-end pendant mon travail, je ne ferai pas bien mon travail, je devrai peut-être le recommencer, je perdrai du temps, j’y arriverai peut-être même jamais et ne pourrai peut-être jamais partir en week-end. J’aurai ainsi tout « perdu ». Si je réfléchis à un problème pendant un combat, j’ai aucune chance de le réussir et en plus, je ne trouverai pas la solution à mon problème. Prévoir un moment pour nos soucis et penser qu’aux soucis (les uns après les autres). Chaque action doit débuter au bon moment pour trouver une réussite maximum (au final). Si je reçois 2 tâches importantes au même moment, je vais agir dans un ordre qui me permet de les réussir toutes les 2. Pareil si je combats contre 2 adversaires (je dois m’occuper du plus dangereux en premier. (Le plus dangereux n’est pas le même à chaque instant).
Think simple and stupide (straight) : Tout ramener à l’essentiel, car la base est à la base de l’efficacité ! Pour moi, les enchaînements, techniques évolués / compliqués ouvrent l’esprit, améliorent la maîtrise de l’ «outil » et sont de ce fait extrêmement importants pour l’entraînement, mais les chichis tuent l’efficacité. Pas de mouvement de respiration inutile, pas d’effort inutile, s’économiser pour donner ce qu’il faut (tout) quand il faut, où il faut et comme il faut pour le résultat attendu.
Ce que j’ai appris de Sensei Piacun : J’ai souvent pensé que ce qu’il nous montrait était trop facile, simple. J’avais envie d’apprendre des enchaînements compliqués à maîtriser (car plus c’est compliqué, plus c’est impressionnant, plus on aura l’impression de progresser et ça flatte l’ego. J’ai été même lassé des entraînements du mois. Maintenant, grâce à Sensei Piacun, j’ai compris que simplicité égal efficacité, que travailler la simplicité longtemps développe le mental (en faisant tekki shodan durant 1 heure sans « s’endormir », ça développe la créativité, la recherche de la simplicité, du sentiment profond de chaque mouvement, technique, la recherche de bunkai,..). La comptabilité et la finance sont souvent mystifiées par des « prophètes » pour faire croire que c’est compliqué, mais ce ne sont que de simples chiffres liés par des opérations simples. La crise boursière est un exemple type de la simple loi de l’univers (si quelqu’un gagne, c’est qu’un autre perd), mais comme « personne » perdait, la correction a remis les choses en place (c’est ma vision brute et simpliste). On dit aussi qu’un dessin remplace mille mots. Un dessin à main levée est plus vite fait que sur CorelDraw. Savoir utiliser un ordinateur est « indispensable » dans ce monde moderne, mais il ne faut jamais oublier que l’utilisation du crayon est simple et rapide.
Technique du salami : Comme le salami est trop grand pour être mangé en une bouchée, tout le monde sait qu’il faut le découper en rondelle, pour manger chaque rondelle une après l’autre. Quand un problème nous paraît insurmontable, trop compliqué, en le décortiquant, on s’aperçoit que c’est une suite de petits problèmes tout à fait résolubles. Si l’on veut gravir une montagne, il ne faut jamais perdre de vue le sommet de la montagne et marcher n’est rien d’autre que de faire un pas après l’autre. Personnellement, j’ai ainsi réussi à compléter mon éventail de katas de maître l’un après l’autre, technique après technique, morceau après morceau, jour après jour. Ainsi avec de la rigueur, du courage et de la persévérance, on y voit de plus en plus clair.
Conclusion : Premièrement, j’espère que ces quelques lignes ne vous ont pas ennuyés et que je ne vous ai pas laissé l’impression ni d’être prétentieux, ni d’être un surhomme. Concernant le sujet, pour ma part, je m’efforce de garder toujours à l’idée ces quelques principes fondamentaux pour la motivation, la performance, le plaisir, la complémentarité et surtout l’unité de ce que j’entreprends et j’ai l’impression de progresser globalement. Si je devais en retenir une parmi les autres, je dirais : « Pratiquer le karaté comme dans la vie et vivre comme un karatéka ». Je tiens à remercier mon Sensei Bernard à qui je dois beaucoup. Les 1ères impulsions m’ont été données, elles m’ont permis de suivre mon chemin, d’arriver là où je suis et de « savoir » où je dois aller (étant un « électron » libre depuis quelques années, c’est d’autant plus important). Je vous encourage à songer aussi à ces thèmes. Cédric Différences entre art martial et sport ( novembre 2009)Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais pour ma part je me pose la question de savoir s’il existe réellement une différence entre l’art-martial et le sport ? Et, dans l’affirmative, en quoi consiste cette différence. Il faut reconnaître qu’il existe dans le milieu des arts-martiaux une certaine forme d’acceptation tacite, parfois même explicite, quant au fait que l’art-martial n’a rien à voir avec un simple sport. C’est comme s’il était entendu que l’art-martial a quelque chose de plus que le sport. Mais à y regarder de plus près, notamment en s’interrogeant, ou en interrogeant certains autres pratiquants, et non les moindres, sur cette fameuse différence, on peut remarquer que la réponse se fait souvent attendre, et que son contenu est à pour le moins confus. Selon le Micro Robert, le sport est une activité physique exercée dans le sens du jeu et de l’effort, et dont la pratique nécessite un entraînement méthodique, le respect des règles. Toujours selon la même source, l’art-martial est un sport de combat d’origine japonaise… A en croire le Micro Robert, la différence entre l’art-martial et le sport est affaire de provenance. Ce qui ne nous avance guère. A mon sens, ce qui est déterminant, est la notion de jeu relative au sport, et celle de martial relative à l’art-martial. Jouer et faire la guerre sont deux choses fondamentalement différentes. L’état d’esprit de celui qui joue, même s’il joue gros en termes d’honneur, de gloire, ou encore d’argent, n’est pas l’état d’esprit de celui qui peut perdre la vie. Le sportif s’entraîne pour s’améliorer, ou pour gagner, le pratiquant d’art-martial s’entraîne dans l’idée de survivre, non de gagner une coupe ou de faire un meilleur temps que le précédent, ou simplement une plus longue distance en courant. Cette différence, en terme mental, est considérable. Seulement, ce qui fait le budoka n’est pas de pratiquer un art-martial quel qu’il soit, mais bien l’état d’esprit dans lequel le pratiquant exercera son art. Cela signifie que des pratiquants de karaté, p.ex., même qui sont 3ème voire 4ème dan, et qui ne sont pas dans l’état d’esprit constant de la survie font du sport et non un art-martial. Les conséquences de l’état d’esprit de la préservation de sa (la) vie sont innombrables. Je n’en aborderai donc que quelques unes. Travailler la survie c’est côtoyer forcément l’idée de mort. Cela oblige d’être au plus près de sa conscience, exclut toutes futilités, contraint à la franchise, amène à la modestie. Cela renvoie en fait le pratiquant à sa fragilité, à l’importance du champ des données qu’il doit maîtriser. Cela tend irrémédiablement à nous attirer vers l’universalité des choses, comme l’espace temps, la maîtrise du déplacement dans l’espace temps, à notre place dans cet espace tant en combat que sur terre et dans l’univers...à la nature. Cela demande d’oublier l’existence de son ego. L’ego peut permettre de gagner une compétition, mais il fait perdre un combat. Je laisse aux initiés se représenter le travail que représente l’oubli de l’ego. Plus on pratique, plus de nouvelles notions s’ouvrent à nous, plus de nouveaux territoires demandent à être conquis, un peu à l’image d’une pyramide inversée. En fait, plus on en sait, plus on se rend compte de l’importance de ce que l’on ne sait pas. On peut donc dire que plus les années passent, plus la pratique devient intéressante et intense en terme mental. C’est pourquoi il existe sur notre bonne terre beaucoup de maîtres qui pratiquent quotidiennement à plus de 80 ans. En comparaison (pour une activité sportive pratiquée relativement intensivement, soit 5 fois 2heures par semaine), les sportifs arrêtent souvent vers 30 ans et dépassent rarement 40 ans. Je pense notamment au football, au tennis, et à certaines disciplines de l’athlétisme comme le sprint, le javelot etc…Ce qui n’est en revanche pas le cas des coureurs de longue distance, et plus généralement des disciplines d’endurance. A mon avis est un budoka celui qui pratique constamment dans l’idée de ne pas mourir, sans chercher à gagner ni à perdre, et qui donne le meilleur de lui-même en s’entraînant dur et régulièrement mais intelligemment car la route est longue et semée d’embûches. A mon avis est un sportif celui qui exerce une activité physique pour sa santé, ou dans le but de jouer, de se divertir, ou encore dans le but de se mesurer aux autres en espérant gagner. Ainsi, les points communs entre sport et art-martial sont, d’une part, que dans l’un comme dans l’autre il est exercé une activité physique et, d’autre part, qu’il est tout à fait possible de pratiquer le karaté comme un sport. J’ajouterai encore un point qui me paraît important. Je pense pour ma part que art-martial et sport sont complémentaires. Les sportifs auraient certainement à apprendre des pratiquants dans la maîtrise de soi par l’oubli de l’ego, et les pratiquants auraient certainement beaucoup à apprendre des sportifs sur tous les aspects mécaniques et physiologiques du corps. A noter encore qu’il ne peut y avoir d’art-martial sans sport (dans le sens d’activité physique), alors que le sport vit très bien sans l’art-martial. Il s’agit donc de deux choses différentes qui connaissent certains points communs et qui sont complémentaires. Il appartient ensuite à chacun de choisir soigneusement la discipline qu’il entend pratiquer, l’état d’esprit dans lequel il entend la pratiquer, et finalement de bien choisir celui qui la lui apprendra. Nicolas Encore quelques précisions C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu ton article ! Cependant je me permets d’y apporter quelques précisions afin de clarifier certaines choses dans ce domaine particulier où la confusion règne en grande maîtresse ! Attention ! Budo n'est pas martial…L’art guerrier ce nomme « bujustsu ». Le budo est une notion relativement récente apparue lors de la modernisation du japon au environ de 1900. Cette modernisation eue comme conséquence, entre autre, l’abolition de la caste des samouraïs et la diffusion à grande échelle des bujustsu transformé en budo. ET qui plus est, les budokas n’étaient pas bien vu par les bujutsukas, ces derniers les considérant comme des fiottes…. Pour mieux comprendre, je prendrai le judo comme exemple. En effet, Jigoro Kano a fondé le ju-do à partir du ju-jitsu, en adoucissant les techniques pour qu'elles soient moins dangereuses… (pour le karaté cela correspond un peu à l’abandon des techniques de mains ouvertes…) Jigoro Kano était convaincu des vertus des arts-martiaux mais qu'ils étaient trop brutaux. Le ju-do est donc à priori, un sport de combat tout comme le karaté-do pratiqué avec des règles en vue de la compétition. Je précise encore que n’importe quelle méthode de combat, pratiquée en compétition, si dur est-elle, n’est rien d’autre que du sport ! Car même s’il s’agit d’affrontements violents, l’idée est toujours de dominer son adversaire et non de le tuer !... Ceci dans un contexte donné. La pratique martiale bujutsu est une question de vie ou de mort. S’il y a affrontement il ne sera pas codifié. Les adversaires ne sont pas dans la même catégorie de poids, le terrain n’est pas forcément plat et les adversaires ne se salueront pas au début ainsi qu’ils ne s’embrasseront pas à la fin ! Ceux qui le pratiquent dans un objectif martial et qui on une expérience du terrain ne s’en venteront pas ! La pratique sportive en vue de la compétition est déjà positive mais fortement limitée. C’est intéressant, motivant au début mais n’apporte rien de plus que les autres sports. Les entraînements sont durs, la sueur coule à flot. Tant qu’à faire du sport pourquoi pas faire du karaté ! C’est complet et ça ne rend pas plus bête qu’autre chose ! Je pense qu'il y a beaucoup de points communs entre sport et budo. Cela vient aussi du fait que les Japonais se sont fortement inspirés de la culture occidentale durant leur révolution… La différence entre sport et budo n'est peut-être qu'une différence culturelle dans l'idée du sport. Pour nous, le sport est forcément lié à la compétition. Pour les Japonais, il y a en plus l’idée de la réalisation de soi. Ceci étant probablement lié au Zen et le « do « n’est pas réservé qu'aux techniques de combats. Finalement, Le « do » est bien plus intéressant que le sport et le bujutsu ! Je ne parle pas en thermes d’efficacités en combat, mais plutôt en tant que moyen utile au développement de la personnalité du pratiquant. Le « do » contient les avantages du sport et si l’esprit bujustsu est présent à l’entraînement alors les perspectives de maîtrise technique et mentale sont illimitées ! C’est là tout l’intérêt et toute la grandeur du « do » car même après le temps des médailles ou des ceintures il reste encore tout un univers à découvrir ! bernard Le deuxième chapitre (octobre 2009) Depuis l’anniversaire des 20 ans du Shirasagi-dojo, j’ai beaucoup réfléchi et j’ai remis en question l’organisation du dojo. En fait ce sont les questions d’une remise en question. A savoir le rôle que j’avais joué durant ces 20 ans et aussi d’imaginer comment se profilera l’avenir.
Ma réflexion 20 ans à enseigner le karaté, dans le dojo que j’ai fondé avec mon ami Philippe, cela n’a rien d’extraordinaire, mais ce n’est pas rien non plus. En tous cas je n’ai pas besoin de faire de gros efforts pour me souvenir des anecdotes qui sont venues pigmenter cette aventure ! Enseigner c’est une remise en question continue. Non seulement il faut avoir la foi dans les théories que l’on avance, mais en plus il faut pouvoir le prouver… Durant toutes ces années j’ai donc beaucoup appris. Ma motivation à enseigner vient de ma foi inébranlable envers les vertus des arts-martiaux, en particulier celles du karaté. En fait c’est assez simple, lorsqu’on est passionné par quelque chose, on a envie de faire partager cette passion. En l’enseignant on transmet ce que l’on a appris et on a la responsabilité de marcher le plus droit possible afin de donner un exemple correct. Donc en théorie c’est assez simple ! En pratique, répéter, re-répéter et re-re-répéter deviennent assez lourd avec le temps. Je me rends compte que je ne veux pas être comme un prof d’auto-école et apprendre aux autres que l’abc de la technique. Cet abc, qui n’est que la base du karaté, sera bien mieux enseigné aux débutants par des jeunes loups bien viguousses ! Vue d’un tout autre côté je me rends aussi compte que les avancés n’avancent pas bien… Sur ce plan, je prends sur moi la moitié de la responsabilité car les avancés sont mélangés avec les débutants… Ce qui m’oblige a donné des cours trop compliqué pour les uns et trop simples pour les autres…. Vous vous demandez qui est responsable de l’autre moitié ? Vous devriez le savoir ! (voir article du mois sur l’entraînement en solo…)
Ma décision Compte tenu que les souliers sont devenus trop petits pour certains, trop grands pour d’autres et que le cordonnier n’est plus ce qu’il était… Il est temps de changer les choses en modernisant la boutique ! Autrement dis, le premier chapitre est terminé et on va écrire le second en souhaitant qu’il soit encore bien meilleur que le premier ! Dès le début 2010 une nouvelle structure sera mise en place. Je ne donnerais plus tous les entraînements car je désire me consacrer plus spécifiquement aux avancés. L’entraînement des débutants sera assuré par John et assisté par Oliver. Le mardi soir sera mixte, c'est-à-dire que l’entraînement sera pour tout le monde. Le jeudi sera réservé pour les débutants, jusqu'à ceinture bleue et le vendredi sera pour les avancés. Pour les débutants qui ne pourront pas venir le jeudi parce qu’ils pratiquent d’autres sports devront choisir… Réfléchissez ! Pourquoi sacrifierez-vous le karaté ?... Probablement qu’il y en aura quelques-uns’ un qui arrêteront. Cela fait partie de la sélection naturelle… L’essentiel étant que l’histoire du Shirasagi-dojo continue et qu’il offre à certain karatéka la possibilité se découvrir… ! J’ai la conviction que ce changement permettra une amélioration de la qualité d’enseignement. Cela permettra à chacun d’en tirer le maximum et de conserver sa motivation. bernard Le karaté : à quoi ça me sert ? ( juillet 2009) Après quelques années de pratique, je me pose une question étonnante. A quoi cela sert-il de faire du karaté ? Cette question m’est venue en analysant ma vie. Je me suis rendu compte que je passais énormément de temps à faire du karaté. Sacrifiant ainsi une partie de ma vie sociale et de ma vie familiale. Tout d’abord, au début des années 1990, j’ai commencé le karaté pour faire de l’exercice. Durant les trois premières années, je faisais de progrès à chaque entraînement. Ces bons résultats m’ont motivé à continuer. Ensuite, les progrès se sont faits plus rare. J’ai commencé à éprouver de la lassitude à toujours refaire les mêmes choses. Mais étant de personnalité obstiné, j’ai voulu sortir de cet état, le dépasser. En somme, mes dix premières années de karaté m’ont servi à faire du sport d’une part, et à me dépasser d’autre part. Le fait de se dépasser est d’ailleurs une caractéristique du sport. A la différence près que je me battais contre moi-même, et non contre quelqu’un. Depuis la pratique fréquente du karaté est devenue pour moi un outil de recherche, et d’approfondissement de mes capacités personnelles. Cette recherche porte sur l’apprentissage de mes rythmes internes (le travail des katas est excellent pour ce type de recherche). Elle porte également sur l’apprentissage de la perception du rythme de l’autre et le tout dans l’espace (le travail du kumite conventionnel est excellent pour ces deux derniers points). Ainsi, bien qu’une bonne condition physique soit importante, l’aspect sportif est devenu secondaire, et ma volonté de me dépasser a disparu. En fait, actuellement, la pratique du karaté me sert à m’améliorer, dans le sens de devenir meilleur au sens large. Je pense notamment à des qualités comme l’altruisme et le respect. C’est en ce sens que je comprends la déclaration de Gichin Funakoshi qui disait à peu près en ces termes : le karaté doit faire de l’Homme un bon citoyen. Nicolas L'entraînement en solitaire (juin 2009) Très grand pilier de la connaissance de soi, l’entraînement en solo est rarement évoqué dans la littérature … Mystification volontaire de la part des auteurs ? Ou préfèrent-ils parler de la nécessité de faire les moutons perpétuels derrière un gourou ?... Peut-être aussi que de cette façon les moutons se sentent en sécurité … Sur cette d’introduction volontairement provocatrice, je vais tenter d’expliquer ce qu’il peut y avoir derrière le karaté pratiqué quelques fois par semaine au dojo. Pratiquer de cette façon c’est déjà très bien mais ce n’est pas différent d’un autre sport et cela même si les entraînements sont parfois très durs. La pratique d’un karaté plus « do » demande d’autres d’efforts. Il faut avoir la volonté de pratiquer pour soi et sans but précis comme la compétition ou les ceintures. Pour être initié, et ce dans n’importe quel domaine, on a tous besoin d’un guide expérimenté. Un senseï est donc indispensable à l’apprentissage d’une excellente base sur laquelle le karatéka pourra se construire et se perfectionner. Le senseï marche devant, cependant le chemin on doit le parcourir soi-même ! Les vertus de l’entraînement en solitaire sont nombreuses. Vaincre la difficulté de la solitude, sans copain et sans regards admiratif. Parvenir à être régulier en augmentant la durée et la fréquence des entraînements. Ne jamais se trouver des excuses, le dire, le faire et point barre ! Ce sont les premières victoires de la volonté sur l’ego paresseux…Encore faudra t-il traverser les mois et les années ! Lorsque senseï Funakoshi commença le karaté à l’âge de 11 ans, ses maîtres, Azato et Itosu, avaient déjà bien plus de 50 ans… Senseï Funakoshi a pratiqué et enseigné le karaté durant 77 ans ! Sur ce long chemin il a très certainement partagé le fruit de ses recherches avec d’autres karatékas. Cependant il a dû assumer seul, au moins les deux tiers de sa progression. Lorsque les maîtres Azazo et Itosu sont décédés, senseï Funakochi ne devait avoir que la quarantaine. Plus proche de nous, seinseï Piacun pratique depuis plus de 40 ans ! Le temps qu’il a passé auprès de sensei Murakami ne pèse pas très lourd. Ce qu’il nous enseigne depuis longtemps n’est pas un copié collé de ce qu’il a appris de senseï Murakami… C’est un mélange de ce qu’il lui a été transmis, de sa recherche personnel, et de son tempérament. J’exprime donc par ces exemples que ceux qu’on considère comme « grand » sont en grande partie des autodidactes, soit des gens qui se sont entraînés seuls, qui ont fait par ce biais-là une véritable recherche. Durant ces entraînements, on peut travailler mille et une choses. On peut répéter les katas que l’on a appris. Ainsi au dojo le senseï ne répète plus la messe aux ânes … On peut aussi travailler ses techniques préférées et celles qui posent des problèmes. On peut améliorer sa condition physique, VTT, natation, jogging et musculation sont d’excellent complément ! On peut travailler tout ce qu’on ne fait pas au cours normaux, sac, makiwara chute et compagnie ! On peut s’entraîner au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit ou lorsque bébé fait la sieste ! Bref, les possibilités sont infinies ! Pour cela, il faut créer un mode de vie favorable à l’entraînement, s’entourer de gens motivés et d’une littérature propice à sa progression. Par une recherche régulière, on développe son karaté sur les bases que l’on a apprises. L’apprenti devient musicien et le musicien devient compositeur. Il en est de même dans la vie. On ne reste pas à l’école toute sa vie et jour on quitte le nid des ses parents pour construire le sien. C’est moins sécurisant mais tellement mieux ! Pour ceux qui recherchent plus qu’un sport, il est donc capital de s’entraîner également seul. Il s’agit là de la seule pratique sérieuse et sincère. Pour comprendre ce qui nous est enseigné on doit beaucoup répéter, expérimenter et chercher. Faire ses propres découvertes donne un sens à cette fameuse voie. Un des grands avantages des arts martiaux comme le karaté, c’est que les exercices, comme les katas, le kihon ou la frappe, permettent de s’entraîner seul. En s’entraînant seul vous pratiquerez un karaté bien plus complet, bien plus vrai ! Le meilleur de tous, le votre ! Celui qui vous montrera vos points forts et vos faiblesses. Celui qui vous fera devenir acteur, celui qui vous aidera à respirer ! Ichi, ni, san au dojo c’est sympa, mais en travaillant seul, la sueur devient sucrée ! Je suis conscient que ce genre de pratique n’est pas accessible à tout le monde. Tous les oiseaux ne sont pas faits pour voler. Les autruches ne volent pas mais elles courent très bien ! Cependant la responsabilité d’un sensei est aussi de montrer qu’il existe autre chose derrière la pratique d’un karaté « standard ». Chacun est libre d’aller jusqu’où il veut. Cependant chacun se doit de rester sincère envers lui-même et de faire de son mieux !
Celui qui veut devenir trompettiste ne joue pas du piano …. ! bernard Grade et responsabilité (avril 2009) Comme « sacrifice », responsabilité est encore un de ces mots qui font un peu peur… On est plus souvent prêt à défendre ses droits que d’assumer ses devoirs… Encore une bizarrerie du comportement humain mais qui est finalement une chose naturelle. L’eau emprunte toujours le chemin le plus facile et préfère contourner les obstacles… C’est pourquoi j’aimerais encore une fois parler des grades et des conséquences sur le comportement et la responsabilité. Tout d’abord, vous devez savoir que les grades dans les arts-martiaux japonais n’ont pas toujours existé. En fait c’est plutôt assez récent. Les grades sont apparus plus ou moins en même temps que la volonté politique du japon de devenir une grande nation moderne. C’est un peu avant 1900 que cette révolution commença au japon et pour ce faire ils se sont fortement inspirés de la culture et de la technologie occidentale. C’est à cette même époque que la caste des samouraïs fut décimée… Dans les temps plus anciens les grades tels qu’on les connaît aujourd’hui n’existaient pas. Cependant il existait un système de titres, qu’un maître décernait à ses élèves. Ren-shi, kyo-shi ou encore han-shi. Ces titres sont encore utilisés aujourd’hui mais leur signification n’est plus la même. Par le passé un maître donnais à son élève un titre, ce titre était en fait un certificat qui attestait d’un certain niveau de connaissance. Ce certificat était signé de la main du maître ce qui engageait sa responsabilité et sa réputation… C’est, entre autre, pour cette raison qu’à l’époque un maître n’enseignait pas à n’importe qui et sélectionnait ses élèves avec soin et cela au départ de leur formation. Lorsque senseï Funakoshi arriva au Japon en 1920 il n’avait ni karate-gi ni ceinture noire… Ce n’est que lorsqu’il dû faire une démonstration au kodokan (le dojo de maître Kano, le fondateur du judo) qu’il porta pour la première fois un karate-gi. Il s’inspira des judo-gi et il fabriqua lui-même son karate-gi durant la nuit qui précéda la démonstration… Le système de grade était déjà en place pour le judo et maître Funakoshi s’en inspira pour le karaté. Il est important de savoir que le niveau le plus élevé décerné par senseï Funakoshi fut le 5ème dan. Ce niveau correspondait à la limite de ce qui pouvait se juger de l’extérieur. La suite de la progression étant plus spirituelle ne pouvait donc pas être jugée. Après la mort de senseï Funakoshi en 1957, une surenchère des dan commença pour monter progressivement jusqu’au 10ème. Après cette introduction historique je vais maintenant tenter d’expliquer ce que j’entends par responsabilité. Un gradé doit surtout être un exemple pour les débutants. Il a la responsabilité de se comporter correctement, des vestiaires aux tatamis en passant par son attitude en public. Un gradé doit se montrer courtois et respectueux et ne jamais profiter de son éventuelle supériorité. Il doit rester les pieds sur terre, il ne doit pas attraper la grosse tête et provoquer. Il doit rester modeste et cela même si c’est la bête des bêtes ! Sa motivation est sans failles ainsi que sa régularité aux entraînements et il s’entraîne plus que deux fois par semaine... Il sait que les débutants le regardent. Par son attitude, sa foi et sa motivation, il aide le senseï à démontrer que des résultats sont possibles pour autant qu’on ne se contente pas seulement d’être un spectateur. Plus il est gradé plus il deviendra un « chercheur ». Le gradé marche dans les traces de son senseï mais il doit aussi faire ses propres expériences en s’entraînant seul et avec d’autres gradés. Il doit être capable de s’entraîner en l’absence des copains et des regards admirateurs... Un gradé ne s’entraîne pas seulement lorsqu’il en a envie ou lorsqu’il a du temps. Il organise sa vie en fonction des entraînements… Là j’arrête… car j’ai les oreilles qui sifflent ! Chacun a sa brouette d’excuses… mais je me console en constatant que certain y parviennent… ! Et je désire surtout faire comprendre que dans la liste des choses à faire, l’entraînement est plutôt dans les premières lignes que dans les dernières ! Le gradé doit rester discret et ne pas vanter ses exploits. Il s’entraîne pour lui et non pas comme un moyen de faire valoir auprès des autres. Le karaté est aussi une arme donc si elle est secrète, elle peut être plus efficace. En restant discret on évite aussi toutes sortes de provocations et de se placer dans une situation délicate. On évite aussi les questions débiles… du style « t’es quelle ceinture ? » Une autre responsabilité du gradé, est celle d’enseigner. A quoi ça sert d’apprendre et de ne jamais redonner ? Il est important que le gradé prenne conscience de l’enseignement. D’une part ça l’aidera dans son évolution et d’autre part il s’acquittera de sa dette. L’enseignement c’est un peu comme la compétition, ce n’est pas un passage obligé mais c’est une bonne expérience ! En conclusion, un gradé ne doit pas se contenter de passer des examens, il doit s’entraîner sans relâche pour améliorer ses capacités techniques et physiques et tout faire pour comprendre au mieux l’art du karaté-do. En s’entraînant pour lui, il devient son propre ennemi. Il devra combattre la paresse et l’orgueil de son égo. Un esprit détaché est un esprit libre, vive la liberté ! bernard Le samedi matin ! (février 2009) En début d’année on prend souvent des bonnes résolutions. J’en ai pris une, faire un article sur les entraînements du samedi matin ! Je pourrai ainsi rappeler le but des ces entraînements et ce que j’attends des participants. Ceci afin d’éviter tout malentendu ou mauvaise compréhension. De leurs débuts à samedi passé il n’y aura plus de secrets ou presque… Cet article s’adresse aussi bien aux habitués qu’au futur participant ! Il y a environ 260 mois, mon entraîneur, Jean marc, m’avait fait entrer dans le cercle très exclusif d’une bande de karatékas s’entraînant sous sensei Piacun. Tous les samedis nous allions à Berne et pour ma part c’était avec la peur au ventre… Les entraînements étaient très durs. Les karatékas étaient très expérimentés, les séries de technique n’en finissaient plus, la sueur coulait à flot et les kiaï raisonnaient dans le dojo ! Au début de l’histoire du Shirsagi-Dojo, l’idée de faire un entraînement du samedi matin m’est donc venue naturellement. Cependant le principe était différent. A Berne, senseï préparait des karatékas en vue de la compétition. Au Shirasagi-dojo l’idée était de trouver quelques karatékas bien motivés afin que je puisse m’entraîner avec eux pour progresser. Les exigences étaient d’avoir la ceinture marron, une participation sans faille et être en pleine forme à 7h30. Pourquoi si tôt ? Il y a beaucoup d’avantages à s’entraîner tôt. Au début de la journée on est frais et bien reposé ! Si on commence tôt on finit tôt ! La journée est encore longue et on peut faire encore plein de choses ! Mais la raison principale est la suivante : C’est une forme de sélection. Il faut avoir une bonne dose de motivation pour se lever si tôt les jours de congé…ainsi et à ma plus grande joie, glandeurs et glandeuses, foireurs et foireuses se sont tenus bien à l’écart de ces entraînements. Les plus motivés étaient là, on pouvait s’entraîner et profiter pleinement des uns des autres ! On allait parfois courir et sur le chemin de Planeyse on croisait une jeunette (on l’était aussi à l’époque) qui nous regardait, les yeux exorbités, et nous disait « Vous n’êtes pas un peu fou d’aller courir à cette heure ?.. » On allait souvent dehors. On essayait de varier, entre la plage de Colombier et Planeyse rien ne nous arrêtait ! Ni le vent, ni la neige. On a même fait des katas sur l’étang gelé du camping !... Personne ne s’est noyé, personne ne s’est tordu les pieds… On s’entraînait et on profitait des variations imposées par la nature. En me remémorant tout ça, je me dis qu’on était de sacrés frapadingues… Mais c’est peut-être ainsi qu’on peut progresser et parfois dépasser ses propres limites. Travailler des katas, du combat ou simplement courir dans des conditions inhabituelles développe toutes sortes de qualités utiles au développement de son propre potentiel. Tan sur le plan physique que psychique ! Au fil des ans, cette première équipe s’est dispersée et je me suis retrouvé seul avec Maria pendant deux ans. Elle et moi, point barre ! Elle était t0ujours là et toujours de bonne ! C’était un peu David et Goliath ! C’est là que j’ai appris qu’on pouvait s’entraîner à fond indépendamment de la morphologie du partenaire. Depuis l’équipe s’est bien remontée et j’avoue passer des moments formidables voire même inoubliables ! Cependant il faut rester vigilant et ne pas trop dériver en un rendez-vous trop « copain copain » où chacun pratique à sa sauce. J’aimerais donc mettre un peu d’ordre, remettre l’église au milieu du village et réexpliquer la raison de ces entraînements. Pour progresser, on a entre autre besoin de bons partenaires. Ceux-ci doivent avoir un bon niveau technique, une bonne compréhension des arts martiaux et doivent être des chercheurs assidus. Ils doivent s’entraîner régulièrement la semaine soit aux cours officiels, soit seuls, ou encore, aux cours officiels et seuls ! Ainsi le samedi matin on peut mettre en pratique des exercices de combat plus compliqués et les expérimenter avec différents partenaires. C’est pour moi aussi l’occasion de travailler avec des karatékas au top car je viens pour m’entraîner et pas pour donner un cours ! A l’origine de ces entraînements le niveau requis était le 3ème kyu. Je pense qu’aujourd’hui ce n’est plus suffisant ou alors le manque technique devrait être compensé par une motivation hors du commun. L’idéal étant des partenaires ayant intégré la technique, c'est-à-dire qu’ils ne doivent plus réfléchir à ce qu’ils font. Les gestes techniques devraient être naturels. Je ne peux donc plus vraiment dire à quel niveau de ceinture cela correspond…Mais pour une personne normale cela doit représenter quelque chose entre 5 et 10 ans de travail soutenu. Tous les samedis ou rien ! Cela semble un peu dur craché comme ça … Mais c’est pourtant ce que je demande ! Plus encore je vous veux en forme ! Le samedi n’est pas un cours de rattrapage, de préparation aux examens ou parce que « mon copain n’est pas là je ne viens pas… » Vous êtes tous libres ! Je ne suis pas votre gourou, je veux simplement m’entraîner avec des gens aussi dérangés que moi… Alors choisissez et assumez ! Ne marchez pas au milieu de la route !... Certain ont une famille et ce n’est pas toujours facile de tout concilier et je peux comprendre que quelques entraînements soient sacrifiés sur l’hôtel des devoirs du cœur. Idem pour les problèmes liés à la santé et au travail. En dehors de ces quelques raisons je n’en vois pas d’autres de valables ! Pour conclure, j’ai besoin de chercheurs sincères qui s’investissent sans compter. J’ai besoin de karatékas capables de me donner des répliques sincères et aussi de me poser des problèmes. Ce n’est quand se posant des difficultés qu’on peut s’améliorer. Le travail avec partenaires est le sujet important du samedi matin. On se doit tous d’être performant, ceci pour le plus grand respect de son partenaire. La pratique régulière du karaté doit apporter l’équilibre dans la vie. C’est le bâton qui aide à se tenir debout mais c’est aussi celui qui frappe sur les fesses lorsqu’on cède à la paresse ! En aucun cas le karaté solutionne les problèmes mais il aide à les relativiser et à voir les choses sous un autre éclairage. Le karaté est un chemin en vue d’une bonne vie. Ce n’est pas un chemin pour tout le monde et il y en a d’autres mais chacun devrait trouver le sien. bernard
Les grades (Août 2008) Quelle histoire ces examens… Servent-ils à quelque chose ? Est-ce si important ? Je me souviens que lorsque j’avais commencé le karaté j’avais vite mémorisé les différentes couleurs de ceinture et la noire m’apparaissait comme un but à atteindre… Lorsqu’on en parlait entre potes, on imaginait la ceinture noire comme une sorte de certificat d’invincibilité ... Les grades font partie de la pratique du karaté. Ils sont répartis en kyu pour les grades inférieurs et en dan pour les grades supérieurs. Les kyu sont au nombre de neuf dans certaines écoles et six dans d’autres. Pour le karaté, le maximum est théoriquement le 10ème dan. Un seul occidental a reçu ce grade, Henri Plée. Le grade n’exprime pas un niveau d’efficacité, mais il mesure les progrès du pratiquant. Un jeune de 10 ans qui porte une ceinture jaune ne peut pas prétendre à la même efficacité qu’un adulte. Donc, lors d’un passage de grade, c’est un niveau de connaissance, dans un contexte précis, qui est attesté. Lorsqu’un élève est promu de 3ème en 4ème année, c’est qu’il a acquis un certain niveau de connaissance. Cela ne prouve pas qu’il soit intelligent… Beaucoup de pratiquants sont motivés par les passages de grade. Ce n’est pas une mauvaise chose mais il faut bien garder à l’esprit que l’important c’est le travail qu’il faut faire pour y parvenir. Avec le temps cette motivation primitive doit disparaître et on doit simplement s’entraîner pour améliorer ses propres capacités. Il est impératif d’éviter la comparaison avec les autres candidats. Les passages de grade ne sont pas une compétition. La préparation à un passage de grade doit toujours être entreprise avec le plus grand sérieux. Il est évident que plus le grade est élevé plus la préparation doit être parfaite. Tout esprit minimaliste doit être écarté et se présenter à un examen dans l’idée de tenter sa chance, est tout simplement ridicule… Plus le niveau augmente plus l’examen devient un défi. Mais un défi envers soi-même car dans les examens supérieurs on se trouve vite face à ses propres limites qu’il faudra surpasser. Rien ne sera de trop…L’attitude juste doit être partout et en tout temps. De l’entrée sur les tatamis jusqu'à la sortie, en passant par les katas, la technique et tout ce qui devra être présenté au senseï. Le stress précédent l’examen est tout à fait normal. Le trac n’est rien d’autre qu’une défense naturelle du corps humain, le but étant de préparer ce dernier à réaliser un effort supérieur à la normal. Il n’est pas bon de lutter contre ce phénomène mais plutôt d’essayer de le canaliser et d’utiliser cette énergie émotionnel à bon escient. Pour y parvenir, un échauffement de qualité permet d’entrer sur le tatami dans de meilleures conditions. La respiration joue aussi un rôle essentiel donc il faut se forcer à respirer correctement et profondément. Le grade apporte des responsabilités, toujours plus de devoirs… C’est l’homme qui donne de la valeur à son grade et non le contraire. Un gradé doit tout faire pour montrer le bon exemple. Il doit aussi continuer à s’entraîner sérieusement, pour assumer sont grade. A quoi cela servirait de passer un xème dan et de ne plus s’entraîner… Un gradé doit se montrer humble car il n’y est pas parvenu tout seul. Sans la tradition, sans senseï, et sans camarades d’entraînement il n’est pas possible d’apprendre et de progresser. Il est important aussi de ne pas se prendre trop au sérieux… L’élévation du niveau devrait aller de paire avec une diminution de l’ego. Les gradés devraient montrer l’exemple en convertissant la susceptibilité en autodérision. Pour conclure, je dirais que ce n’est pas une bonne chose de se prendre la tête avec ces grades…Un karatéka accompli n’est pas forcément un karatéka gradé ; tout comme la réussite d’une vie ne dépend pas que des résultats des études ! La vérité est toujours plus profonde et bien plus complexe. Le passage d’un grade ce n’est qu’un évènement, pas le but du karaté. L’objectif de l’examen, c’est de le réussir le mieux possible. Les grades jalonnent simplement la progression. Une fois le grade acquis, rien ne change, on continue à s’entraîner avec sérieux et détermination. Il faut comprendre que l’entraînement doit prendre de la place dans la vie de celui ou celle qui entreprend de marcher sur la voie du budo…
bernard Le karaté : un travail personnel (janvier 2008) Beaucoup de maîtres de karaté s’accordent à dire qu’il existe trois niveaux en karaté. Le niveau débutant (Shu), le niveau avancé (Ha), et le niveau supérieur (Ri). Quelle que soit son niveau, un karatéka doit toujours entraîner les katas, le kihon, et la technique à deux. Très schématiquement, le 1er niveau correspond à l’apprentissage de la technique. Le karatéka apprend la forme. Son karaté est vécu extérieurement. Souvent les karatékas arrêtent de pratiquer à ce moment là. Ils ressentent une certaine lassitude à répéter sans cesse les mêmes mouvements, et ne peuvent plus espérer apprendre grand-chose dans la forme. A vrai dire, il arrive également que les karatékas n’arrêtent pas à ce stade, même des karatékas dits avancés, mais qu’ils ne parviennent jamais à sortir de la forme qui, dans ce cas, est vécu comme un véritable carcan. Le stade avancé est en fait le stade auquel le karatéka parvient lorsqu’il ne ressent plus le poids de la forme. L’exécution technique est devenue secondaire. Non pas qu’elle est négligée, mais bien que le karatéka agit librement. Le corps n’est plus dicté par l’intellect, il réagit dans l’action. La forme n’étant plus ressentie comme un carcan, le karatéka peut enfin se concentrer sur ses sens. Il est en éveil. Il peut ressentir intérieurement l’impact de ce qu’il fait extérieurement. Bref, le travail intérieur a vraisemblablement commencé. Seulement voilà, parvenir au stade avancé est une chose difficile. Sans un maître sérieux, inutile de penser y parvenir un jour. Cependant, le maître n’est pas tout. Il faut aussi que le karatéka qui entend avancer, progresser, soit sérieux également. Un karatéka sérieux n’est pas seulement celui qui se contente de suivre assidûment les entraînements du Sensei. Le karatéka sérieux est aussi celui qui a pris la responsabilité de son karaté en s’entraînant tout seul. En fait, s’entraîner en groupe, revient à être tourné vers l’extérieur, à se battre (travailler) contre (avec) un adversaire (partenaire) visible, ou c’est plus simplement être sous le regard de l’autre. S’entraîner seul, renverse la vapeur. On se tourne vers son intérieur pour être à l’écoute de ses sensations, ou inversement. Cela revient à se battre contre soi-même comme adversaire vraisemblablement le plus redoutable. C’est en même temps tenter de travailler en harmonie avec soi. Quoiqu’il en soit, on est sous son propre regard, seul avec sa conscience. Sans ce travail, inutile d’espérer passer du niveau Shu au niveau Ha. Du moins, à mon avis. Quant au niveau supérieur, j’espère savoir ce que c’est, ou plus exactement être capable un jour de le ressentir. En 2035 peut-être… Nicolas La notion du sacrifice, un mal nécessaire (août 2007) Il me semblait indispensable de parler de cet ingrédient indissociable à la grande cuisine des arts martiaux ou sports martiaux pour les puristes. Bien souvent, lorsque je me décide à écrire sur un sujet particulier, c’est que ce quelque chose est en voie de disparition et devient rare. En vacances, sous un parasol au bord de la mer, pour y songer ce fût l’idéal ! Afin d’éviter toutes mauvaises interprétations, je précise que la notion du sacrifie dont je parlerai, concerne uniquement le sacrifice du temps passé à se divertir à la place d’un entraînement. Certaine culture n’hésite pas à sacrifier des animaux ou même des humains afin de s’assurer un meilleur avenir. Tout ça pour servir un hypothétique sauveur que personne n’a jamais vu là où la famine et la guerre font des milliers de victimes… Dans notre société de consommation des plaisirs de toutes sortes, je suis bien conscient que faire des théories de ce genre va paraître ringard ou être mal compris. Tant pis, j’aime les risques et si cela peut secouer les neurones de quelques uns (es), mon but sera largement atteint. Entrons dans le vif, celui qui pique ! La maîtrise d’un art ne tombe pas du ciel…Ce n’est que par un très long travail sur soi-même que l’on peut progresser pas à pas. En fait, c’est de l’auto dressage afin de limiter les dégâts de ce conflit intérieur, raison contre passion. Comment y parvenir ? Bonne question ! Probablement qu’en assumant ses choix on avance déjà un peu. Il est capital de s’auto discipliner et surtout d’apprendre à s’entraîner même lorsqu’on en a pas envie. L’entraînement n’est pas une question d’envie mais de devoir. Devoir envers soi-même. Personne n’est astreint à l’entraînement et nous sommes tous libres de choisir. On s’entraîne sérieusement ou on ne s’entraîne pas du tout. Parole de sensei Miyagi dans « Karaté-kid I » L’infortune vient de notre propre faiblesse, dit le 7ème kyukun. Donc, il ne faut pas hésiter à sacrifier un soirée DDP&C (dring drog pétard et compagnie) !!! Développer sa force de caractère c’est très exactement ça. Avoir du caractère ce n’est pas avoir la plus grande gueule du quartier, c’est assumer ses choix et faire se que l’on s’est imposé.
Attention tout de même à un effet pervers. Celui de développer une forme d’égoïsme et de s’entraîner envers et contre tous. Votre entourage ne comprendra pas toujours votre obstination. Remarquez, que si quelqu’un vous demande d’arrêter l’entraînement c’est que lui aussi cultive une forme d’égoïsme. Sachant qu’un entraînement dure environ 1h30 et qu’une petite vitesse de croisière serait de 2 à 3 fois par semaine, je pense que cela devrait être jouable par beaucoup. Surtout si l’on compare ce temps au temps passé derrière n’importe quel appareil multimédia, de la TV à Internet en passant par SMS, jeux vidéo et conneries en tous genres. Bien souvent j’entends dire « je n’ai pas le temps » C’est vrai que nous sommes tous stressés mais peut-être que de sacrifier un peu de ces loisirs, pas toujours très utiles, pourrait apporter un bon bol d’air pur à la pratique du karaté-do !
Certains crieront « on ne vit qu’une fois ! » Alors, raison de plus pour ne bas la bousiller cette vie et de ce donner les moyens (faire les sacrifices nécessaires) afin de maîtriser le mieux possible un art qui apportera une autre vision des choses ainsi qu’un véritable bien être. Toutefois, les amusements sont indispensables à l’équilibre de l’esprit mais ils ne doivent jamais empiéter sur les entraînements. Conclusion, si ces lignes vous ont piqué l’ego, c’est que cet article vous est dédicacé ! Vous pouvez le relire. La 2ème fois est moins douloureuse…Si au contraire vous dite « Oui, oui il a raison » c’est que vous pouvez en faire encore un peu plus ! Et si par malheur cela ne vous fait rien du tout alors arrêtez de vous entraîner ! bernard Niju kakate jutsu kyokun (mars 2006) Combien d’entre vous ont déjà entendu parler des « 20 préceptes du karaté-do » ? Si vous les connaissez déjà ce sera l’occasion de les redécouvrir sinon, un bon sujet de méditation…C’est vrai que je ne vous en ai jamais parlé directement mais pour ceux qui écoutent mes « grandes » théories, ce qui suit ne vous paraîtra pas complètement zarbi. D’abord secret donc jamais écrit, les 20 préceptes ont été rendus public dans les années 20 par senseï Funakoshi. Attention, ne regardez pas seulement le doigt qui montre la lune, mais essayez de regarder en sa direction ainsi vous aurez une chance de la contempler. Par exemple, le kyokun N°16 ne cherche pas à cultiver la paranoïa mais plutôt l’idée que si on l’ouvre trop n’importe où, on risque d’avoir des problèmes…Ce n’est pas toujours simple à comprendre alors chercher sur le net d’autres traductions de ces préceptes. Par contre, essayez d’appliquer ceux que vous comprenez !
1) Rei au début, rei à la fin 2) Il n’y a pas d’attaque en karaté martial 3) Karaté martial est complément de justice 4) D’abord se connaître soi-même pour connaître les autres 5) La technique mentale est plus importante que la technique physique 6) Garder l’esprit détaché 7) L’infortune vient toujours de notre propre faiblesse 8) Karaté martial pas seulement au dojo 9) L’entraînement au karaté martial dure toute la vie 10) Trouver les solutions aux questions, dans la nature 11) Si l’on ne garde pas le feu sous le chaudron, l’eau devient froide 12) Ne pas penser à gagner, ne pas penser à perdre 13) En combat réel, agir en fonction des adversaires 14) Karaté martial est manœuvre entre vrai et faux 15) Toujours penser que bras et jambes sont des sabres 16) En franchissant la porte de notre maison, un million d’ennemi nous attendent 17) Prendre la garde, pour le débutant ; plus tard, tout doit partir de la posture naturelle 18) Le combat réel est différent du kata 19) Varier les rythmes, hauteurs tension relâchement vitesse lenteur 20) Toujours être créatif
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