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L’homme n’est pas un insecte (Mars 2014)

 

Mon sensei, Bernard, et moi-même, avons souvent discuté de la musculation, de la musculature qui en résulte, de son importance pour la santé, de son importance pour la pratique du karaté, et surtout de la question de savoir jusqu’à quel point il fallait entraîner cette musculature, et comment la maintenir le plus longtemps possible.

 

Tous sportifs, et plus spécialement tous budokas dont la pratique devrait durer une vie, doivent se poser ces questions. L’idée étant de faire au mieux pour durer, sans en faire trop. Cette réflexion, comme toutes les réflexions d’ailleurs, amènent à d’autres réflexions, dont le sujet exposé partiellement ci-dessous.

 

Il existe la musculature externe (li) et la musculature interne. Je ne parle pas ici du chi, mais bien de muscles internes. Ceux-ci ont la particularité de ne pas être contrôlés par la volonté (du moins pas naturellement). On peut en revanche apprendre à les faire participer.

 

Se pose du coup la question de savoir à quoi serve ces muscles, et comment apprendre à s’en servir. Il est communément admis que ces muscles servent à régler la stabilité du corps. C’est dire l’importance qu’ils ont, alors même que la plupart des gens ne connaissent même pas leur existence.

 

Pour ma part, plus globalement considéré, ces muscles sont le lien entre les os et les muscles externes. Ils constituent en fait le lien entre le dur et le mou.

 

L’insecte a une carapace. Il est mou à l’intérieur, et dur à l’extérieur. L’homme est pour sa part dur à l’intérieur (ossature) et mou à l’extérieur (musculature). Il se peut que la transition entre les deux se fassedonc par cette demie carapace, ou  demie musculature, qu’est la musculaire interne.

 

Si vous travaillez trop votre musculature externe (li), vous vous constituez une forme de carapace musculaire qui décharge la musculature interne au point de la rendre flemmarde. Vous serez en fait dur à l’externe, dur sur le plan de la structure, et sans lien réel entre les deux.  Il y aura notamment un risque de déséquilibre du fait que la musculature externe ne peut pas pallier, du moins totalement, à une musculature interne trop peu active. Attention dès lors aux tendinites et autres manifestations perverses du cops. Au demeurant, augmenter sa force, passer un certain stade, demande l’utilisation d’autres ressources que le seul muscle.

 

Ce point de vue tout personnel, fondé tout de même sur quelques connaissances actuelles, plaide, d’une part, pour une activité de musculation modérée et, d’autre part, pour une sollicitation de la musculature interne et externe.

 

Comme je l’ai esquissé avant, la musculature interne se travail par la position, plus que par un simple stimuli volontaire. Il faut également savoir que l’exercice de la détente durant vos exercices de musculation externe entraîne la musculature interne…Tordu ? Je ne le pense pas.

 

Vous devez comprendre cette problématique avant celle, au demeurant vitale, qu’est la découverte du chi, et son emploi.

 

Est-ce que la musculature interne, ne serait pas le lien entre le « li » et le « chi » ? Quelle est la place de la notion d’équilibre dans cette affaire ?

 

Comme je le fais volontairement dans mes différents articles, je laisse toujours une part d’ombre, et j’efface parfois volontairement le fil conducteur. L’idée est de pousser le lecteur motivé à approfondir sa pratique,  mais également à ressentir, donc à découvrir par lui-même, plus qu’à comprendre. Comprendre, tout le monde le peut. Ressentir est l’apanage des initiés.

 

Ainsi, ce dont je parle ici ne peut être compris que par un vrai pratiquant, et j’estime qu’il ne saurait y avoir de secret entre vrais pratiquant. Qu’est-ce un vrai pratiquant ? Et bien je crois y avoir répondu en début de mon deuxième paragraphe.

 

Je vous adresse mes meilleures salutations, et mes meilleurs vœux pour une pratique du karaté intelligente et indéfectible.

 

Le thème du prochain article sera «  L’équilibre : l’impression de stabilité ».

 

 

Nicolas


LaChercher et trouver (Novembre 2013)

Il y a deux chemins qui mènent à l'échec, disait Confucius. Celui qui consiste à ne pas chercher et celui qui consiste à chercher là où il n'y a rien à trouver.

 

Cherchez et vous trouverez. Mais chercher ne conduit à trouver que si l'on cherche ce qui est en nous...

 

C'est en résumé ce que Mikinoro répondit à un élève qui lui posait la question sur la signification secrète des katas.

 

Les katas sont comme des jeunes filles, lui précisa-t-il, et il est de bon ton de les habiller correctement. On ne saurait atteindre le Seinaru Basho (le Saint des saints) sans être venu à bout du Furisode. (l'habit traditionnel que porte la jeune mariée).

 

Il m'a fallu un peu de temps pour comprendre le sens de cette phrase.

 

J'ai vu beaucoup d'élèves chercher dans tous les katas des techniques secrètes qui devaient leur permettre de supplanter leurs adversaires. Ou vouloir appliquer en combat, tel quel, l'enchaînement des techniques de ces katas....

 

La coutume de transmission qui avait lieu à l'époque du début des arts-mariaux avait pour habitude de symboliser la plupart des techniques. Fortement influencée par les approches Taoïstes et Shintoïste, chacun avait le souci de pratiquer sans divulguer par trop ses techniques.

 

La dissimulation par enrobage était donc très prisée. Elle consistait à mettre une technique intéressante et de la dissimuler au milieu de techniques plus banales ou de ne pas l'exprimer dans sa forme normale ou développée, ce qui la rendait  tout à fait inapplicable dans un bunkai et incompréhensible pour les profanes.

 

Il y a assurément une quantité impressionnante de choses à trouver dans les katas. Mais il est bon de n'y pas chercher ce qui ne s'y trouve pas.

 

Le kata est une discipline d'élévation, de perfectionnement des mouvements et des enchaînements. Elle est indissociable du travail en bunkai, de la méditation, de la pratique du combat.

 

Bien que ces techniques d'enrobage ne se retrouvent pas à ma connaissance dans les katas inférieurs qui ont été crées pour le travail de base des débutants, les techniques symboliques, subjectives dont l'interprétation est difficile sont relativement nombreuses dans les katas supérieurs.

 

Les katas sont un peu comme des cadeaux. Leur emballage est fonction du niveau du pratiquant. Avant d'en atteindre le cœur, il faudra le dépouiller. En explorer les facettes et se laisser évoluer en leur compagnie avec la confiance d'en voir la compréhension évoluer avec son propre niveau.

 

Il est toutefois dommage de voir des pratiquants expérimentés rester au stade de l'exécution automatique, enchaînant des mouvements qui même en étant esthétiques, sont dépourvus de vie intérieure.

 

Il existe une multitude d'approches ayant fait leurs preuves pour progresser dans et  avec les katas.

 

En variant la manière d'aborder le travail, le pratiquant élargi sa connaissance. Si dans les premières années, l'approche chorégraphique est indispensable pour créer les automatismes nécessaires à une utilisation en combat, il est tout aussi indispensable de savoir s'extraire de cette coquille sous peine de rester englués dans une danse stérile et dénuée d'application.

 

Le pratiquant avisé veillera à varier les angles dans lesquels le kata est exécuté. Il peut aussi essayer  de le faire dans des endroits confinés qui l'obligent à adapter ses déplacements ou sur des terrains variés qui vont l'obliger à développer son intelligence kinesthésique. Un accent particulier sera mis sur la réalisation parfaite des séquences.

 

Il est fréquent de voir des pratiquants s'épuiser à enchaîner des katas les uns après les autres sans jamais parvenir à corriger les détails qui leur permettraient de vraiment progresser.

 

Il serait avantageux pour eux de changer ou du moins de varier leur manière de travailler. Un travail  exclusif basé sur les séquences d'un seul ou de deux mouvements au maximum leur serait d'une grande aide. Ce faisant, l'étudiant pourra progresser sur des détails tels que les points de force, les points de rotation, le travail simultané des antagonistes, la vitesse ou l'alternance contraction-détente ainsi que sur l'harmonisation de la respiration.

 

Viendra ensuite le temps du travail du bunkai qui se fera tout d'abord de manière chorégraphique. Avec l'augmentation de la vitesse, l'étudiant acquérera les réflèxes indispensables à sa progression. Puis progressivement, pourra libérer son esprit pour le concentrer sur d'autres aspects.  Il pourra alors aborder l'application en combat libre de ce qu'il aura acquis par la maîtrise des katas.  Et il n'y aura pour lui plus guère de différence entre la pratique en solitaire, ou son application en bunkai ou en combat.

 

Un peu comme ces musiciens qui arrivent à improviser tout en gardant cohérence et harmonie.

 

Il reste pourtant un élément qui est souvent oublié par les pratiquants. Celui du travail du côté Tori du kata. Il récèle pourtant en lui-même de  très intéressantes combinaisons d'attaques et de reprise d'initiatives, que l'étudiant pourra avantageusement utiliser dans son entraînement. 

 

Les katas seront alors les encyclopédies, sources d'inspiration que le pratiquant gardera toujours à proximité de keikogi et qui en fera des compagnons de progression fidèles et inépuisables.

 

Ce faisant, ils auront rempli le rôle pour lequel ils avaient été créés, à savoir un pont entre le passé et le futur, entre le physique et le mental, entre le maître et l'élève.

 

Philippe

 

 


La valeur d’une ceinture noire (Septembre 2013)

On me demande souvent ce que vaut une ceinture noire !

 

Que ce soit pour en dénigrer la valeur ou avec des intentions plus constructives.

 

Cela m'a fait réfléchir.

 

Bien que ma réponse usuelle soit généralement de répondre : « 2$ », ce qui est le prix moyen auquel on peut s'en procurer une sur le marché de l'occasion, il fallait tout de même me pencher un peu plus sérieusement sur la question.

Surtout que lors d'une mini enquête auprès de pratiquants et de non pratiquants, les réponses obtenues m'ont démontré que la question était loin d'être claire, même chez les artistes-martiaux affirmés.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/07/Diploma_of_7th_Dan_in_Japanese_Kendo.jpg/800px-Diploma_of_7th_Dan_in_Japanese_Kendo.jpg

Commençons déjà par définir ce qu'elle n'est pas. A savoir une marque d'efficacité.

 

Car il n'est pas inconcevable de voir un 1er dan perdre un combat contre un grade inférieur, ou à plus forte raison se faire casser la figure lors d'une confrontation dans la rue.

 

Elle n'est pas une marque d'ancienneté, j'ai vu des pratiquants de longue date conserver la couleur de leur ceinture tellement de saisons que je me suis demandé parfois s'ils n'étaient pas tombés amoureux de cette couleur.

 

Elle n'est pas non plus une marque de sagesse, car assurément, j'ai vu plus de pratiquants perdre le peu de sagesse qu'ils avaient au fur et à mesure qu'ils progressaient dans leurs grades.

 

Il fallait donc aborder le problème par un autre bout !

 

Et après bien des recherches, je crois avoir trouvé la réponse dans la définition ci-dessous :

 

                    On ne mesure pas la valeur d'une ceinture aux résultats obtenus dans  différentes épreuves mais au nombre des années qu'on a passées à résister à l'envie de la posséder.

 

Car oui, la valeur d'une ceinture, noire par exemple, se mesure au temps passé à la mériter. Par les efforts consentis, la maturité acquise et l'évolution de la maîtrise des aspects les moins reluisants de nos petites personnes. L'Ego en particulier.

 

Ah, l'Ego, on pourrait en faire tout un livre, mais je lui réserverai un traitement tout particulier dans un prochain billet.

 

Il faut peut-être aussi faire un petit retour en arrière pour comprendre l'origine de ces ceintures si chères aux yeux de ceux qui les désirent et pourtant si mal comprises.

 

Car les ceintures sont presque aussi nouvelles aux arts-martiaux que votre keikogi...

 

Saviez-vous que c'est en effet Jigoro Kano qui a introduit ces marques distinctives pour le Judo qu'il développait. Il a décerné ces premières distinctions à deux de ses anciens élèves à qui il donné le titre de shodan, en 1883. Mais à cette époque, pas de ceintures, car les judokas pratiquaient encore en kimono.

 

Le keikogi (blanc) ne fut introduit que plus tard, en 1907, jugeant que le kimono était une entrave à la bonne pratique du Judo.

 

La légende raconte que c'est  harassé par les remontrances de son épouse qui se refusait à réparer sans cesse ses  kimonos déchirés et menaçait de l'envoyer s'entrainer tout nu, qu'il s'en fut chercher un habit plus adapté à la pratique du Judo. Sans le sou, c'est un vieil habit de paysan rapiécé qu'il acheta et constata alors que celui-ci, confectionné dans un  tissu grossier avec des manches courtes adaptées aux travaux dans les rizières, convenait parfaitement à ce qu'il attendait.

 

Et Jigoro Kano n'a pas sorti les kyus et les dans de son chapeau au détour d'une rêverie matinale non plus. Il les a simplement empruntés au jeu de go qui était très en vogue à l'époque au Japon. Dans ce jeu de strtégie chinois, les kyus et les dans sont les équivalentes des handicaps que l'on retrouve au golf.

 

Ils distinguaient les joueurs débutants des plus expérimentés. Les grades étaient échelonnés jusqu'au  7ème ou au 9ème dan. Vous commencez à voir le rapport ? Parfait !

 

Bon, jusque là, pas de problème particulier. C'est bon enfant.

 

Bon, mais alors, mon dan, il vaut quoi ??

 

Le problème, c'est que plus on cherche et moins on trouve la réponse à cette question !

 

Car les dan, c'est comme les champignons, ça pousse ! Outre l'inflation qui a vu la valeur du dan suivre celle du dollar, (on trouve aujourd'hui des 13èmes dan de karaté), on trouve maintenant des dan dans toutes sortes de disciplines. Même les chinois s'y sont mis ! Si, si !!

 

Bref, quand ça devient trop compliqué, il est urgent de simplifier un peu.

La petite phrase de mon ami japonais prend ici tout son sens.

 

Il faut savoir qu'avant l'introduction des dan, il existait un autre système de reconnaissance du grade des pratiquants. C'est la tradition du Koryu, qui comprenait trois stades principaux :

 

- Okuiri pour le premier grade qui indiquait l'entrée dans l'art.

- Mokuroku, qui était le premier stade d'étudiant qui donnait lieu à une certification.

- Menkyo correspondait lui au stade de la maîtrise.

- Le titre de Menkyo kaiden étant réservé à celui qui avait tout appris de l'art étudié.

 

Il est à noter que dans ce système, le titre du Mokuroku demandait au moins une dizaine d'années de pratique alors que pour passer de Menkyo à Menkyo kaiden, il était demandé au moins trente années d'entraînement. Ce système avait l'avantage d'être simple et basé sur la valeur globale du pratiquant de l'art, sa moralité, sa spiritualité et l'intégrité de son investissement personnel, plutôt que sur une adéquation technique ou honorifique. Car point intéressant, ces grades étaient donnés dans des rouleaux secrets et seul le Maître et celui qui recevait son grade en connaissait le contenu.

 

De quoi tuer dans l'oeuf, le poussin de l'Ego qui aurait été tenté de sortir la tête de sa coquille !

 

Je revois déjà Calimero....

 

Pour le mettre en parrallèle du système actuel, le premier grade Mokuroku pourrait être mis en parrallèle avec celui de la ceinture noire, Menkyo à celui de Sensei ou maître et Menkyo kaiden  à celui de Grand Maître.

 

Ce système est toujours en vigueur dans les Arts traditionnels et dans quelques écoles martiales qui ont su résister à l'appel de la modernité.

 

Bon, ben c'est bien beau tout ça, mais cela ne me dit pas ce que valent ces dan qu'on peut acquérir en quelques mois si on est doué de nature....

 

Encore une fois, ce sont les Maîtres du passé qui vont nous mettre sur la piste : « Toute réponse à une question se trouve cachée en nous-mêmes »!

 

Donc la prochaine fois qu'on vous posera la question, cherchez au fond de vous si vous méritez le grade pour lequel vous vous présentez. Etes-vous le modèle sur lequel vous pourrez vous appuyer pour avancer dans votre pratique. Votre moralité a-t-elle suivi votre évolution technique ? Avez-vous progressé dans votre spiritualité  autant que dans votre maîtrise de vous-même ?

 

Un samouraï célèbre a dit un jour : « Travailler une seule facette de la Vie, c'est comme ne polir qu'une seule face de son sabre... »

 

Si le miroir de votre conscience vous renvoie une image claire et limpide, alors le diplôme ne sera rien de plus qu'une offrande que vous ferez à votre Sensei en reconnaissance des efforts qu'il a consentis pour vous guider sur le chemin de la Voie.

 

D'ailleurs, saviez-vous que ces rouleaux secrets décernés par le Maître ne sortaient jamais du dojo, sauf lorsqu'un élève ouvrait un école et que cela servait alors de sauf-conduit ?

 

En fin de compte, une ceinture ne vaut que par la longueur de ce chemin parcouru. Et ce chemin est le vôtre et n'est comparable à aucun autre.

 

Votre ceinture vaut ce que vous valez. Ni plus, ni moins !

 

Philippe

 

 


Le karaté : Un art martial défensif (Avril 2013)

Dans mon souvenir, un des premiers principes que j'ai appris est le caractère défensif du karaté. A cette époque, tout le monde avait sa petite histoire a raconté à ce sujet, notamment la fameuse : " on ne doit jamais se servir du karaté en dehors du dojo". Avec le temps, pour ceux qui ont continué à pratiquer, il signifiait que l'utilisation du karaté n'était permise que pour défendre son intégrité corporelle, et celle des autres. Ceci de manière proportionnée bien évidemment et quand on n’avait pas le choix. C'est juste. Seulement, il ne s'agit là que du rapport que l'on entretient avec les tiers dans ce domaine.

 

Cette notion défensive est  bien plus subtile et constitue en fait la pierre angulaire d'une pratique saine, profonde, et efficace.

 

Je vais tenter d'illustrer mon propos. Tout pratiquant aura remarqué le fossé qui se creuse lorsque l'on compare les techniques d'un kata, aux techniques employées lors des compétitions de combat. C'est à croire qu'il ne s'agit pas de la même pratique.

 

Dans les katas, d’une manière générale, le pratiquant avance en unité, de pas à pas, ces techniques de jambes sont relativement peu variée, et les techniques de bras évoluées au point, bien souvent que l'on ne sait pas à quoi elles servent ou que, plus simplement, on les considère comme inopérantes. Dans le travail des bunkai, on remarque vite que les distances entre combattants sont proches et que Uke attaque que pour se défendre.

 

Dans le combat, chaque adversaire se mue en Tori et agira, même contre le bon sens, de sorte à marquer le point. Ce qui entraîne des déplacements conséquents et des jambes en l'air au risque de se découvrir et donc de recevoir un coup.

 

Pour un karatéka qui se défend, nul n'est besoin  de s'approcher. Aussi longtemps qu'il est à distance suffisant, il n'y a pas de risque de combat. Si Tori attaque, il fait lui-même l'effort d'avancer et prend de ce fait un risque de couverture. Tori attaque pour marquer le point, il vise un but qui est celui de gagner. Ce qui est générateur de pression. Uke n'a alors qu'une chose en tête, se préserver.

 

Essayer de faire un rendori dans le but de ne pas être atteint. Vous verrez que cela est bien plus aisé que de chercher à gagner. Bien entendu, il s'agit là d'une image, car le rendori est un jeu auquel les deux combattants se doivent participer pour faire progresser l'autre et progresser soi-même. Il faut donc alterner l'attitude de Tori et Uke, sans quoi il ne se passerait rien.

 

Je finirais par la remarque suivante. Si vous laissez l'adversaire approcher (cela ne signifie pas qu'il ne faut pas bouger, ce serait une grave erreur), vous serez vite à un distance très rapproché. C'est à cette distance que la quasi-totalité des techniques de bras des katas prend tout son sens. Reculer ne sert d'ailleurs à rien, cela ne fait que repousser le problème et relancer le combat. Ce qui, logiquement, est de nature à créer des risques supplémentaires.

 

Je ne veux pas développer les autres aspects importants de l'attitude défensive. Il s'agit d'un sujet très vaste et ce petit article nourrit modestement le but d'introduire le sujet son forme d'exemples.

 

Nicolas

 

 


L’entraînement en solo (Mars 2013)

Depuis bien longtemps, je vous encourage à vous entraîner seul mais je ne vous ai jamais vraiment expliqué comment le faire. Je vais donc vous donner quelques pistes afin de vous éviter de tourner en rond et surtout de vous motiver.

 

Le karaté est composé de multiples facettes comme la condition physique, les assouplissements, l’agilité, la technique, les katas, le combat, le contrôle, la frappe. Il est donc difficile de tout faire dans la durée des entraînements officiels. Pour cette raison, s’entraîner pour soi présente l’avantage de pouvoir combler ces lacunes et ainsi pratiquer un karaté plus complet et bien plus intéressant. De plus, il y a des choses qui ne peuvent se découvrir que par soi-même.

 

Tout d’abord, il faut choisir la fréquence et la durée de ses entraînements. Ce choix doit être réfléchi pour du long terme et avoir une tendance crescendo. Par exemple, deux fois une heure par semaine. Ce choix est important et ne doit pas être fait sur un coup de chaleur… Il doit être fait en accord avec vos obligations professionnelles, familiales et aussi en fonction de votre santé. Ci-dessous vous trouverez des exemples pour composer votre entraînement perso.

 

Votre entraînement doit toujours commencer par une mise en condition. Corde à sauter, jogging ou sautillement sur place en bougeant un peu tous les membres. Ceci permet aux muscles de chauffer et au sang de bien circuler. Un corps chaud et bien oxygéné fonctionne mieux et pourra fournir un gros effort en minimisant les risques de blessure.

 

Pour la condition physique, la liste des exercices classiques, pompes, flexions tractions, abdos etc. peut être repris sans problèmes. De 15 à 35 ans n’ayez pas peur de vous faire ‘mal’ de transpirer et d’avoir pleins de courbatures le lendemain. Au-delà de 35 ans débrouillez-vous pour conserver vos acquis tout en devenant raisonnable. D’autres sports sont aussi très profitables, tels que la course à pied, le vtt, la natation et pourquoi pas un peu de musculation. De plus, profitez de toutes les situations pour utiliser vos jambes. Venez à l’entraînement en vélo ou à pied, c’est écolo et tellement bénéfique. ; )

 

Pour les assouplissements, travaillez bien en profondeur les différents axes. Il existe souvent plusieurs exercices d’étirement pour le même groupe musculaire, n’hésitez pas à varier. En fin de séance d’assouplissement, vous pouvez faire  les positions de base du karaté en les exagérant (kiba-dachi, zenkutsu-dachi et kokutsu-dachi).

 

Ensuite, vient le travail technique ou le travail des kata. Il faut driller et bien entraîner les katas. Il faut se détacher le plus rapidement possible du schéma car le vrai travail commence là. Le fait de driller permettra de vous sentir plus à l’aise et tout va vous paraître plus naturel. Répétez 2, 3 ou 4 fois les katas de bases dans des rythmes différents. Les katas Heians, Tekki, Bassai-daï et Kanku daï suffisent largement et offre déjà une belle palette.

 

Pour la technique vous pouvez vous inspirer des techniques d’examen. Faites 2,4 ou 6 traversées en variant vitesse et force. Profitez aussi de frapper le sac ou le makiwara.

 Des séries de 10,15, 20 ou 30 coups de la même technique. Bien entendu toujours entraîner le coté droite et gauche. Vous pouvez aussi vous exercer au contrôle en utilisant le sac.

En fin de séance, réservez encore quelques minutes pour vous détendre. Quelques exercices d’étirement et soignez bien votre dos en l’étirant et en l’assouplissant. A la suite de cela, vous devriez vous sentir bien.

 

J’espère que ces quelques exemples vous permettrons de mieux vous organiser et de vous donner des idées. Je sais bien que tout cela prend du temps et dans notre vie cela devient une denrée rare… Mais choisissez votre camp, assumez vos choix et croyez-moi, l’aventure du karaté en vaut vraiment la peine même si ce n’est pas un chemin facile !

 

 

bernard

 

 

Exemple d’environ 1h30:

1)                  5 min  code à sauter

2)                 2x 20 pompes, 2x60 abdos, 2x 30 dorsaux et 2x 50 flexions.

3)                 15 min assouplissement.

4)                30 min kata, 3x tous les Heians, Tekki-shodan et Bassaï-daï

5)                 15 min Technique d’examen du 3ème kyu

6)                10 min de frappe au sac, 10x mae-geri, 10x mawashi-geri et 10x yoko-geri

7)                 Etirement

 

 


La pratique et son pendant indispensable, la philosophie (Février 2013)

Dans la forme, il existe les élèves lents à l’apprentissage, les élèves moyennement rapides, et ceux qui sont rapides. Seulement, l’apprentissage de la forme doit aller de pair avec le fond.

 

Le karatéka qui apprend la technique, doit comprendre, parallèlement, l’état d’esprit qui se cache derrière : « ne jamais attaquer », « se défendre », « tout donner en restant bon… ». Bref, toute une histoire. Et cette histoire ne peut s’écrire qu’après des années de pratique dans le plus strict respect de son sensei et des copains de dojo.

 

En enseignant le karaté, on enseigne d’éviter les coups, mais également d’en donner. Si l’on n’enseigne pas ce qui se cache derrière, ce que certains appelle la philosophie, vous pourriez faire de l’apprenant une personne dangereuse.

 

Certain sports de combat ne cultive que le combat au motif de se défendre et d’être le plus efficace possible. Ceux-ci obligent à s’immerger rapidement dans la violence, ce qui est dur en soi. Cela est d’autant plus dur qu’une telle approche ne permet pas de développer la philosophie qui est lié au contact de la violence. Au lieu de permettre à des gens d’améliorer leur personnalité ou de se défendre en cas de besoin, vous  risquez en fait de créer des agresseurs.

 

Un Homme en paix peut traverser une armée en guerre sans se battre. Faut-il encore chercher la paix.

 

A l’heure actuelle les gens violents s’orientent vers le free fight. Le free fight est exsangue de philosophie. Il créé des bêtes de combat. Je rajouterais même qu’aucun free fighter ne peut prétendre à respecter son adversaire. Du moment que l’on frappe vraiment, on ne respecte plus ! J’assume entièrement mes propos, car il ne peut en être autrement. Comment peut-on dire d’une personne à qui on a cassé le nez qu’on la respecte ? Respecter le partenaire ce n’est pas le casser, ou le battre, mais l’aider à progresser. Seulement, pour cela, il faut savoir jongler avec son ego. La vie, comme le combat, et inversement, est histoire d’ego. Il est source de succès certes, mais également de déchéance.

 

En somme, le combat sans apprentissage du respect de soi-même et des autres, cela va de pair, mène à la déchéance. Cela revient à aiguiser nos instincts les plus bestiaux. C’est tout le contraire de l’évolution par la progression. L’apprentissage du combat doit permettre l’évolution du pratiquant vers une vie saine et pacifique. Sinon l’art du combat n’a aucun intérêt.. A ce sujet, Gichin Funakoshi disait du karaté qu’il doit faire du pratiquant « un bon citoyen ».

 

Nicolas

 


Le butinage. (Octobre 2012)

Dans notre société, le monde des arts-martiaux n’échappe pas aux lois de la consommation. Aujourd’hui il faut consommer, peu importe quoi, mais consommer. Un peu à l’image des fitness où tous les six mois une nouveauté apparaît, le mode des art-martiaux est lui aussi bousculé.

 

Beaucoup de nouvelles disciplines inondent le marché. Il n’est donc pas étonnant que tout un chacun se perde dans ce merdier à la sauce martiale… Il n’est donc pas rare de discuter avec des gens qui ont pratiqué toutes sortes d’art-martiaux et cela en très peu de temps.

 

Les néophytes sont facilement impressionnables. Ils rêvent de devenir grand et fort (suivant l’âge c’est normal) et commencent un art martial. Mais en général, ils se lassent en peu de temps et c’est ainsi que le butinage commence. Le changement apportera de la motivation, nouveau senseï, nouveaux copains, nouvelles techniques feront que le nuage paraîtra rose et sucré.

 

A chaque changement de méthode le débutant pense avoir trouvé le truc idéal et va peut-être même allé jusqu’à dénigrer ce qu’il faisait jusque-là. L’impression d’apprendre beaucoup en peu de temps est très flatteuse pour l’égo…Pour se faire accepter dans son nouveau milieu, le débutant se donne beaucoup de peine. Mais après quelques mois, il aura l’impression de ne plus rien apprendre et sa motivation s’envolera.

 

Il ne faut donc pas se leurrer et tout faire pour aller au fond des choses. C’e n’est qu’après d’inlassables répétitions que la maîtrise peut pointer son nez. Maitriser en profondeur c’est tout un programme et un immense défi qui forge l’esprit. Ne pas s’engager corps et âme pour du long terme est à l’opposé d’une pratique de qualité. Une bonne maîtrise apportera de la liberté et beaucoup de plaisir dans la pratique.

 

Traditionnellement, pour qu’un maître accepte un élève, il testait sa persévérance bien avant de lui enseigner quelque chose. La persévérance est une qualité mentale bien plus importante que la technique ! Un chercheur d’eau et comme un chercheur Do. Il creuse jusqu’à ce qu’il trouve et peu importe la profondeur. Celui qui ne fait que gratter la surface ne trouvera jamais rien et gaspillera beaucoup de son énergie.

 

Le butinage n’est donc pas une méthode permettant de progresser convenablement. Le débutant devrait rapidement trouver sa voie et s’entrainer avec une persévérance et une patience hors du commun. Autrement dit, faire preuve d’une immense volonté. Ce n’est qu’après une bonne dizaine d’année (environ 2ème dan) que le pratiquant pourrait entreprendre l’étude d’un autre art-martial tout en restant fidèle à son premier choix. Ce qui dans ce cas, ne s’apparente plus à du butinage.


 

Bien trop souvent les gens arrêtent l’entraînement lorsqu’ils sont proches du 1er dan (juste avant, juste après). Ceci est regrettable car c’est justement à partir de ce niveau que les choses deviennent vraiment intéressantes. J’ai passé mon 1er dan en juin 1988 et pour parler franchement, j’étais bien loin d’imaginer de ce que j’allais découvrir par la suite. L’avenir s’annonce donc passionnant !

 

Je terminerai avec un clin d’œil envers les pubs ou les théories que certains font en faisant passer leur méthode comme facile et hyper efficace en self défense (du sucre pour les abeilles ?..). Ce genre de discours n’est pas plus évolué que les pubs qui nous font croire qu’il est possible de perdre du poids en dormant ! En art martial comme dans n’importe quel domaine rien n’est facile lorsque l’on veut aller au fond des choses. Rêver c’est bien, se réveiller c’est mieux !

 

bernard

 

 


Sacrée santé  (Septembre 2012)

Inspiré par le dernier article de Nicolas, je me permets de développer encore un peu ce vaste sujet.

 

Dans le domaine de la santé, la maxime « Mieux vaut prévenir que guérir » est bien connue, encore faut-il l’appliquer. Le mystère de la vie étant un phénomène compliqué et d’après certains scientifiques, unique dans l’univers.

 

C’est donc un sujet à prendre au sérieux et ce, avant que les problèmes ne surviennent. Car même si des maladies peuvent survenir sans invitation particulière, il y en a d’autres qui sont liées à notre comportement pas toujours raisonnable.

 

Notre machine est régie par des lois dont la plupart nous sont inconscientes. Ce qui ne facilite pas les choses… La santé est tout sauf cartésienne, quelques fois elle se montre logique et d’autre fois, pas du tout.

 

Plus l’Homme évolue technologiquement, plus il s’éloigne de la nature et sa vie se déphase lentement mais sûrement. Quand il devrait dormir, il noce, quand il devrait travailler, il prend du café et quand il devrait s’entraîner, il larve…Le temps passant, la machine peut se dérégler progressivement et réagir de façon imprévisible.

 

Tous les produits qui procurent du plaisir artificiel, sont à éviter. Je pense bien évidement aux drogues et à l’alcool mais aussi aux médicaments. Tout cela est toxique au même titre que l’arsenic, sauf qu’il ne procure aucun plaisir. (L'arsenic était devenu l'arme favorite des meurtriers au moyen âge. A l’époque L'arsenic tuait sans laisser de trace. Aujourd’hui c’est différent donc pour la belle-mère, changez vos plan…)

 

Les médicaments sont parfois un mal obligé mais il faut éviter de sauter dessus systématiquement. Lorsqu’un antidouleur est nécessaire, il est impératif de ne pas solliciter l’endroit qui fait mal. Imaginez les conséquences désastreuses si vous avez une tendinite au tendon d’achille, que vous vous bourrez de médoc tout en continuant à courir comme un lapin.

 

Le surmenage inconscient est une autre cause subtile aboutissant à la longue sur divers problèmes de santé. A force de vivre dans le stress permanent, on ne s’en rend même plus compte. Au contraire, on a l’impression que tout va bien et qu’on pète le feu. Mais  attention à ne pas dépasser la zone rouge. Méfiez-vous des insomnies répétitives et si vous tombez malade chaque fois que vous partez en vacances, c’est peut-être un signe… Le surmenage perpétuel peut aussi conduire à des problèmes physiques ou psychiques.

 

L’émotionnel et ses répercussions sur la santé représentent la partie submergée de l’iceberg donc la plus importante ! On est vivant, on a des émotions. C’est comme ça, même si on a rien demandé… Les émotions sont une source d’énergie (quand on a peur, on court plus vite). Il est donc très important d’apprendre à les canaliser, les évacuer, les utiliser et les réguler. Par contre, enfouir une émotion peut se révéler désastreux. Dans ce cas la règle est simple, plus on enfouit plus ça pète fort ! Et bien souvent une émotion enfouie se manifestera par des problèmes physiques ou psychiques.

 

Il est donc important de tout mettre en œuvre pour vivre le plus naturellement possible et rechercher l’harmonie en prenant du temps pour soi. L’observation de la nature permet de mieux comprendre et de sentir ses rythmes internes. Il est aussi important d’apprendre à mieux se connaître afin de déterminer ses propres limites et les choses que l’on supporte plus ou moins bien. En cela, l’entraînement est un véritable trésor !

 

Notre société nous apporte un confort certain mais elle a tendance à oublier qu’un être vivant n’est pas une machine. Même si dans le principe on est tous pareils, dans les détails on est tous différents. Chacun devra donc trouver ses propres combines pour rester le plus longtemps possible en bonne forme physique et mentale.

 

 

bernard

 

Si le matin tu te réveilles

en ouvrant les yeux tu vois en couleurs

et tu arrives à bouger tes jambes

alors tout va bien et sois heureux !

 

Ahmed

 

 


KARATE : L’écoute du corps (mai 2012)

Comme le disait M. Aubry, au sujet du Yoga qu’il professe à Neuchâtel, le Yoga est un outil à double tranchant. A l’image d’un couteau, il peut s’avérer utile pour toutes sortes de travaux, mais l’on peut également se couper avec.

 

Le karaté constitue un véritable outil qui travaille le corps et l’esprit. Il s’agit d’un outil asséré dont les possibilités sont grandes à tous  points de vue. Seulement, une utilisation inapropriée de cet outil peut blesser.

 

Je ne parle pas tant des petites blessures inévitables auxquelles il est difficile d’échapper durant une vie de pratique, telles que lèvres ouvertes, doigts ou orteils cassés…

 

Je pense plutôt aux blessures que la répétition inlassable des mouvements peut causer. Sous cet angle, la tendinite est assez fréquente. Ce type de blessure doit être considéré comme un signal devant nous forcer à nous demander quel est le ou les motif(s) qui l’a causé. Si le karatéka considère chaque blessure comme un indicateur d’une erreur possible commise dans la pratique, au gré des blessures, avec le temps qui passe, le karatéka pourra adapter sa technique à sa morphologie. Ce qui est essentiel pour une pratique durable.

 

Seulement, le karatéka doit être particulièrement attentif aux douleurs cycliques qui reviennent aux mêmes endroits. La douleur disparaît un an, mais revient. On entreprend différentes mesures pour la soigner et, elle disparaît après quelques mois. Ce qui nous réconforte d’avoir pris les bonnes mesures…mais elle réapparaît à nouveau. Dans une telle situation, il faut avoir en tête que le corps constitue une machine complexe composée de parties bien distinctes, mais interdépendantes. Ce qui peut se traduire par un lumbago, ou des dorsaglies répétitives p.ex., alors que la cause de votre problème ne se situe pas dans le dos, mais au niveau des hanches, ou des genoux. P.ex. : vous avez mal au genou, mais en fait vous avez un problème à la hanche. P.ex. : votre poignet vous fait souffrir, alors que c’est votre coude qui est en la cause etc.

 

Si vous vous bornez à situer le siège du problème à l’endroit de la douleur, en cas de douleurs répétitives, vous risquez de passer durant des années à côté d’une pathologie sur laquelle vous continuerez à vous entraîner. Lorsque cette pathologie si sollicitée s’exprimera, le karaté pourrait être fini pour vous, et votre vie en générale pourrait en être affectée.

 

Il est important d’écouter les manifestations de son corps afin de corriger les erreurs de pratique que l’on commet par rapport à sa morphologie. Il ne faut d’ailleurs pas hésiter à consulter un médecin si les douleurs sont récurrentes.

 

Un bon moyen d’éviter les blessures est le repos. A l’instar de l’entraînement, le repos doit être fréquent et régulier pour être réellement efficace. Le repos fait partie de l’entraînement ! Le repos permet la récupération dans un premier temps, mais  doit aussi permettre une profonde détente dans un second temps. Le repos n’est pas seulement l’inactivité physique, mais également psychique. Outre le sommeil et 2 à 3 jours sans entraînement par semaine, la méditation et la contemplation sont d’excellentes formes de repos.

 

Il ne faut pas se servir de sa santé pour la pratique du karaté. Le karaté doit être pratiqué au service de la santé.

 

                                                                                                                 Nicolas

 

 


L’ouverture d’esprit (juin 2011)

Pour l’Homme, il existe des choses qui sont justes et d’autres qui sont fausses, il existe de bonnes choses et des mauvaises choses, des petites et des grandes etc.

L’Homme se doit toujours de classer, ranger, qualifier tous ce qui et ceux qui l’entourent. Il doit pouvoir en avoir une définition précise, sans quoi il est inquiet. L’Homme est allé jusqu’à mesurer le temps…

Lorsque l’on débute la pratique du karaté, on apprend certaines postions données, certains bloques et autres esquives, certains coups de poings et pieds, et des katas bien définis. Dans ce domaine comme dans tous les autres, on se sent obligé de poser un cadre strict ou chaque chose à sa place et est bien rangée. Cela est propre à notre fonctionnement au point que cela nous paraît normal.

La question qui se pose n’est pas de savoir si ces règles, quelles qu’elles soient d’ailleurs, sont fondées ou non. La question est de savoir qu’en fait-on car elles sont.

Les règles doivent permettre de grandir, de s’épanouir. Il faut aller au-delà en les considérant pour ce qu’elles peuvent nous apporter, et non pas seulement pour le cadre qu’elles nous imposent. Sans quoi, ce sera la chute au lieu de l’envol.

Bien entendu, on apprend d’abord les règles et ensuite seulement on peut jouer.

Une fois les règles apprises, le karaté doit être pratiqué non pas seulement sur un plan externe (li) dans une pure et stricte application des règles fidèlement apprises, mais également sur un plan interne (chi).

Le raisonnable intervient sur le li (énergie externe ou musculature), le développement des sensations sur le chi (énergie interne).

Le développement des sensations se fait par la détente, c'est-à-dire l’exact contraire de la force.

Chi et li ne sont en fait que deux aspects extrêmes d’une même réalité qui ne forme en fait qu’un seul et même tout  qui compose l’homme mais également tout le reste.

Travailler l’un sans l’autre revient à ne travailler qu’à moitié. Le li se travaille, le chi s’habite.

La réunion de li et chi amène à l’ouverture d’esprit qui abolit toutes formes de qualifications réductrices de la réalité. Le karaté peut aussi amener cela.

Nicolas

 

 


 Shoshin : l'esprit du débutant (janvier  2011)

 Les spiritualités et philosophies orientales telles que le bouddhisme et le shintoïsme ont largement influencé les arts martiaux japonais. Shoshin, l'esprit du débutant est une notion inspirée par le bouddhisme zen. Pour en donner une définition complète, arrêtons-nous d'abord sur son étymologie japonaise shoshin 初心 qu'il est d'ailleurs intéressant de rapprocher avec l'étymologie de karate-do 空手道.

 Le kanji Sho signifie début. Shin signifie esprit ou cœur. Ce deuxième sens est important et nous verrons pourquoi dans quelques instants. Pour le mot Karate-do, le kanji Kara , signifie vide et plus particulièrement vacuité, au sens bouddhique du terme. Te est la technique soit par extension la main avec laquelle on la réalise. Do signifie la voie, donc littéralement la voie de la main vide ou encore la voie que l'on réalise avec un esprit sans attache, sans préjugé, avec un esprit neuf, l'esprit du débutant.

L'esprit du débutant est d'abord l'état d'esprit de celui qui commence une nouvelle discipline, de celui qui s'engage dans une nouvelle Voie et pour lequel tout est neuf. Cet esprit frais, réceptif et ouvert aura pour la suite de la pratique une grande importance sur la façon de progresser. Cette notion est d'ailleurs une valeur courante dans la société japonaise ou l'on s'exhorte mutuellement à conserver l'esprit du débutant c'est-à-dire à conserver un esprit frais et à multiplier ses efforts dans la pratique de son activité. L'esprit du débutant incite aussi à un certain altruisme puisqu'il s'agit d'avoir la capacité à changer ses idées préconçues, à apprendre des autres et donc à avoir la capacité à faire confiance lorsque l'on suit les anciens.

 Mais doit-on pour autant opposer l'esprit du débutant à l'esprit de l'avancé? 

 On peut devenir avancé et garder son esprit de débutant ou au contraire on peut être débutant sans jamais parvenir à se détacher de ses préjugés. L'esprit du débutant n'est et ne doit pas être limité dans le temps car plus on approfondit et plus on devrait être en mesure de garder cet esprit.  La clé de notre pratique est la répétition, si on perd l'esprit du débutant, cette répétition deviendra mécanique et perdra sa substance. Garder l'esprit du débutant c'est pouvoir répéter indéfiniment l'exemple des anciens avec la même fraîcheur. C'est indispensable a la progression. Pourtant nombreux sont les obstacles.

 La première des difficultés qui s'oppose à Shoshin est l'avidité. Quand on commence la pratique on attend des résultats tangibles et tout de suite. Si ces résultats tardent à venir, la déception et la lassitude emboîteront le pas a l'abandon. Autre moment critique : lorsque l'enthousiasme du début retombe et que l'on s'installe dans une pratique confortable. C'est la que survient le risque de stagner.

 Pour lutter contre ces difficultés, il est donc important de se rappeler l'état d'esprit dans lequel on a commencé la pratique et les raisons qui nous y ont poussées. L'esprit du débutant permet de préserver la liberté d'apprendre des autres avec une attention aiguisée, de lutter contre nos préjugés et notre orgueil et de développer depuis le dojo une attitude positive dans la vie quotidienne. Shigetsuke Taira (1639-1730) écrit dans Budō shōshin shū (Introduction à la voie des Samurais) :

« Je n'ai pas de principes, je fais de mon adaptation en toutes circonstances mon principe (…), je n'ai pas de talent, je fais de mon esprit prêt à réagir mon talent (…), je n'ai pas d'armure, je fais de ma bienveillance mon armure ». Rappelons-nous aussi des préceptes de Sensei Funakoshi (Les 20 principes directeurs du Karate-Do, Le legs spirituel du Maître) : « Le karaté est la quête d'une vie entière (9), pareil à l'eau en ébullition, il perd son ardeur s'il n'est pas entretenu par une flamme (11), vous qui arpentez la voie, ne laissez jamais votre esprit s'égarer, soyez assidu et habile (20).

Terminons cet exposé sur Shoshi l'esprit du débutant par une koan célèbre qui devrait nous laisser pensif jusqu'au prochain entraînement : « un Sensei reçoit un jour la visite d'un homme qui déclare vouloir étudier avec lui. Le maître l'invite à boire le thé pendant que le visiteur lui expose son passé, ses découvertes, ses réflexions, son expérience. Le maître écoute patiemment et recommence à lui verser du thé dans sa tasse déjà pleine. Celle-ci finit par déborder, le thé coulant tout autour. L'élève s'écrie alors : que faites-vous, ma tasse est déjà pleine. Et le maître lui répond : comment voulez-vous qu'un enseignement pénètre votre esprit alors qu'il est déjà plein comme cette tasse ? »

 Sébastien