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SHIRASAGI-DOJO |
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Différences entre art-martial et sport ( novembre 2009)Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais pour ma part je me pose la question de savoir s’il existe réellement une différence entre l’art-martial et le sport ? Et, dans l’affirmative, en quoi consiste cette différence. Il faut reconnaître qu’il existe dans le milieu des arts-martiaux une certaine forme d’acceptation tacite, parfois même explicite, quant au fait que l’art-martial n’a rien à voir avec un simple sport. C’est comme s’il était entendu que l’art-martial a quelque chose de plus que le sport. Mais à y regarder de plus près, notamment en s’interrogeant, ou en interrogeant certains autres pratiquants, et non les moindres, sur cette fameuse différence, on peut remarquer que la réponse se fait souvent attendre, et que son contenu est à pour le moins confus. Selon le Micro Robert, le sport est une activité physique exercée dans le sens du jeu et de l’effort, et dont la pratique nécessite un entraînement méthodique, le respect des règles. Toujours selon la même source, l’art-martial est un sport de combat d’origine japonaise… A en croire le Micro Robert, la différence entre l’art-martial et le sport est affaire de provenance. Ce qui ne nous avance guère. A mon sens, ce qui est déterminant, est la notion de jeu relative au sport, et celle de martial relative à l’art-martial. Jouer et faire la guerre sont deux choses fondamentalement différentes. L’état d’esprit de celui qui joue, même s’il joue gros en termes d’honneur, de gloire, ou encore d’argent, n’est pas l’état d’esprit de celui qui peut perdre la vie. Le sportif s’entraîne pour s’améliorer, ou pour gagner, le pratiquant d’art-martial s’entraîne dans l’idée de survivre, non de gagner une coupe ou de faire un meilleur temps que le précédent, ou simplement une plus longue distance en courant. Cette différence, en terme mental, est considérable. Seulement, ce qui fait le budoka n’est pas de pratiquer un art-martial quel qu’il soit, mais bien l’état d’esprit dans lequel le pratiquant exercera son art. Cela signifie que des pratiquants de karaté, p.ex., même qui sont 3ème voire 4ème dan, et qui ne sont pas dans l’état d’esprit constant de la survie font du sport et non un art-martial. Les conséquences de l’état d’esprit de la préservation de sa (la) vie sont innombrables. Je n’en aborderai donc que quelques unes. Travailler la survie c’est côtoyer forcément l’idée de mort. Cela oblige d’être au plus près de sa conscience, exclut toutes futilités, contraint à la franchise, amène à la modestie. Cela renvoie en fait le pratiquant à sa fragilité, à l’importance du champ des données qu’il doit maîtriser. Cela tend irrémédiablement à nous attirer vers l’universalité des choses, comme l’espace temps, la maîtrise du déplacement dans l’espace temps, à notre place dans cet espace tant en combat que sur terre et dans l’univers...à la nature. Cela demande d’oublier l’existence de son ego. L’ego peut permettre de gagner une compétition, mais il fait perdre un combat. Je laisse aux initiés se représenter le travail que représente l’oubli de l’ego. Plus on pratique, plus de nouvelles notions s’ouvrent à nous, plus de nouveaux territoires demandent à être conquis, un peu à l’image d’une pyramide inversée. En fait, plus on en sait, plus on se rend compte de l’importance de ce que l’on ne sait pas. On peut donc dire que plus les années passent, plus la pratique devient intéressante et intense en terme mental. C’est pourquoi il existe sur notre bonne terre beaucoup de maîtres qui pratiquent quotidiennement à plus de 80 ans. En comparaison (pour une activité sportive pratiquée relativement intensivement, soit 5 fois 2heures par semaine), les sportifs arrêtent souvent vers 30 ans et dépassent rarement 40 ans. Je pense notamment au football, au tennis, et à certaines disciplines de l’athlétisme comme le sprint, le javelot etc…Ce qui n’est en revanche pas le cas des coureurs de longue distance, et plus généralement des disciplines d’endurance. A mon avis est un budoka celui qui pratique constamment dans l’idée de ne pas mourir, sans chercher à gagner ni à perdre, et qui donne le meilleur de lui-même en s’entraînant dur et régulièrement mais intelligemment car la route est longue et semée d’embûches. A mon avis est un sportif celui qui exerce une activité physique pour sa santé, ou dans le but de jouer, de se divertir, ou encore dans le but de se mesurer aux autres en espérant gagner. Ainsi, les points communs entre sport et art-martial sont, d’une part, que dans l’un comme dans l’autre il est exercé une activité physique et, d’autre part, qu’il est tout à fait possible de pratiquer le karaté comme un sport. J’ajouterai encore un point qui me paraît important. Je pense pour ma part que art-martial et sport sont complémentaires. Les sportifs auraient certainement à apprendre des pratiquants dans la maîtrise de soi par l’oubli de l’ego, et les pratiquants auraient certainement beaucoup à apprendre des sportifs sur tous les aspects mécaniques et physiologiques du corps. A noter encore qu’il ne peut y avoir d’art-martial sans sport (dans le sens d’activité physique), alors que le sport vit très bien sans l’art-martial. Il s’agit donc de deux choses différentes qui connaissent certains points communs et qui sont complémentaires. Il appartient ensuite à chacun de choisir soigneusement la discipline qu’il entend pratiquer, l’état d’esprit dans lequel il entend la pratiquer, et finalement de bien choisir celui qui la lui apprendra. Nicolas Encore quelques précisions C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu ton article ! Cependant je me permets d’y apporter quelques précisions afin de clarifier certaines choses dans ce domaine particulier où la confusion règne en grande maîtresse ! Attention ! Budo n'est pas martial…L’art guerrier ce nomme « bujustsu ». Le budo est une notion relativement récente apparue lors de la modernisation du japon au environ de 1900. Cette modernisation eue comme conséquence, entre autre, l’abolition de la caste des samouraïs et la diffusion à grande échelle des bujustsu transformé en budo. ET qui plus est, les budokas n’étaient pas bien vu par les bujutsukas, ces derniers les considérant comme des fiottes…. Pour mieux comprendre, je prendrai le judo comme exemple. En effet, Jigoro Kano a fondé le ju-do à partir du ju-jitsu, en adoucissant les techniques pour qu'elles soient moins dangereuses… (pour le karaté cela correspond un peu à l’abandon des techniques de mains ouvertes…) Jigoro Kano était convaincu des vertus des arts-martiaux mais qu'ils étaient trop brutaux. Le ju-do est donc à priori, un sport de combat tout comme le karaté-do pratiqué avec des règles en vue de la compétition. Je précise encore que n’importe quelle méthode de combat, pratiquée en compétition, si dur est-elle, n’est rien d’autre que du sport ! Car même s’il s’agit d’affrontements violents, l’idée est toujours de dominer son adversaire et non de le tuer !... Ceci dans un contexte donné. La pratique martiale bujutsu est une question de vie ou de mort. S’il y a affrontement il ne sera pas codifié. Les adversaires ne sont pas dans la même catégorie de poids, le terrain n’est pas forcément plat et les adversaires ne se salueront pas au début ainsi qu’ils ne s’embrasseront pas à la fin ! Ceux qui le pratiquent dans un objectif martial et qui on une expérience du terrain ne s’en venteront pas ! La pratique sportive en vue de la compétition est déjà positive mais fortement limitée. C’est intéressant, motivant au début mais n’apporte rien de plus que les autres sports. Les entraînements sont durs, la sueur coule à flot. Tant qu’à faire du sport pourquoi pas faire du karaté ! C’est complet et ça ne rend pas plus bête qu’autre chose ! Je pense qu'il y a beaucoup de points communs entre sport et budo. Cela vient aussi du fait que les Japonais se sont fortement inspirés de la culture occidentale durant leur révolution… La différence entre sport et budo n'est peut-être qu'une différence culturelle dans l'idée du sport. Pour nous, le sport est forcément lié à la compétition. Pour les Japonais, il y a en plus l’idée de la réalisation de soi. Ceci étant probablement lié au Zen et le « do « n’est pas réservé qu'aux techniques de combats. Finalement, Le « do » est bien plus intéressant que le sport et le bujutsu ! Je ne parle pas en thermes d’efficacités en combat, mais plutôt en tant que moyen utile au développement de la personnalité du pratiquant. Le « do » contient les avantages du sport et si l’esprit bujustsu est présent à l’entraînement alors les perspectives de maîtrise technique et mentale sont illimitées ! C’est là tout l’intérêt et toute la grandeur du « do » car même après le temps des médailles ou des ceintures il reste encore tout un univers à découvrir ! bernard Le deuxième chapitre (octobre 2009) Depuis l’anniversaire des 20 ans du Shirasagi-dojo, j’ai beaucoup réfléchi et j’ai remis en question l’organisation du dojo. En fait ce sont les questions d’une remise en question. A savoir le rôle que j’avais joué durant ces 20 ans et aussi d’imaginer comment se profilera l’avenir.
Ma réflexion 20 ans à enseigner le karaté, dans le dojo que j’ai fondé avec mon ami Philippe, cela n’a rien d’extraordinaire, mais ce n’est pas rien non plus. En tous cas je n’ai pas besoin de faire de gros efforts pour me souvenir des anecdotes qui sont venues pigmenter cette aventure ! Enseigner c’est une remise en question continue. Non seulement il faut avoir la foi dans les théories que l’on avance, mais en plus il faut pouvoir le prouver… Durant toutes ces années j’ai donc beaucoup appris. Ma motivation à enseigner vient de ma foi inébranlable envers les vertus des arts-martiaux, en particulier celles du karaté. En fait c’est assez simple, lorsqu’on est passionné par quelque chose, on a envie de faire partager cette passion. En l’enseignant on transmet ce que l’on a appris et on a la responsabilité de marcher le plus droit possible afin de donner un exemple correct. Donc en théorie c’est assez simple ! En pratique, répéter, re-répéter et re-re-répéter deviennent assez lourd avec le temps. Je me rends compte que je ne veux pas être comme un prof d’auto-école et apprendre aux autres que l’abc de la technique. Cet abc, qui n’est que la base du karaté, sera bien mieux enseigné aux débutants par des jeunes loups bien viguousses ! Vue d’un tout autre côté je me rends aussi compte que les avancés n’avancent pas bien… Sur ce plan, je prends sur moi la moitié de la responsabilité car les avancés sont mélangés avec les débutants… Ce qui m’oblige a donné des cours trop compliqué pour les uns et trop simples pour les autres…. Vous vous demandez qui est responsable de l’autre moitié ? Vous devriez le savoir ! (voir article du mois sur l’entraînement en solo…)
Ma décision Compte tenu que les souliers sont devenus trop petits pour certains, trop grands pour d’autres et que le cordonnier n’est plus ce qu’il était… Il est temps de changer les choses en modernisant la boutique ! Autrement dis, le premier chapitre est terminé et on va écrire le second en souhaitant qu’il soit encore bien meilleur que le premier ! Dès le début 2010 une nouvelle structure sera mise en place. Je ne donnerais plus tous les entraînements car je désire me consacrer plus spécifiquement aux avancés. L’entraînement des débutants sera assuré par John et assisté par Oliver. Le mardi soir sera mixte, c'est-à-dire que l’entraînement sera pour tout le monde. Le jeudi sera réservé pour les débutants, jusqu'à ceinture bleue et le vendredi sera pour les avancés. Pour les débutants qui ne pourront pas venir le jeudi parce qu’ils pratiquent d’autres sports devront choisir… Réfléchissez ! Pourquoi sacrifierez-vous le karaté ?... Probablement qu’il y en aura quelques-uns’ un qui arrêteront. Cela fait partie de la sélection naturelle… L’essentiel étant que l’histoire du Shirasagi-dojo continue et qu’il offre à certain karatéka la possibilité se découvrir… ! J’ai la conviction que ce changement permettra une amélioration de la qualité d’enseignement. Cela permettra à chacun d’en tirer le maximum et de conserver sa motivation. bernard Le karaté : à quoi ça me sert ? ( juillet 2009) Après quelques années de pratique, je me pose une question étonnante. A quoi cela sert-il de faire du karaté ? Cette question m’est venue en analysant ma vie. Je me suis rendu compte que je passais énormément de temps à faire du karaté. Sacrifiant ainsi une partie de ma vie sociale et de ma vie familiale. Tout d’abord, au début des années 1990, j’ai commencé le karaté pour faire de l’exercice. Durant les trois premières années, je faisais de progrès à chaque entraînement. Ces bons résultats m’ont motivé à continuer. Ensuite, les progrès se sont faits plus rare. J’ai commencé à éprouver de la lassitude à toujours refaire les mêmes choses. Mais étant de personnalité obstiné, j’ai voulu sortir de cet état, le dépasser. En somme, mes dix premières années de karaté m’ont servi à faire du sport d’une part, et à me dépasser d’autre part. Le fait de se dépasser est d’ailleurs une caractéristique du sport. A la différence près que je me battais contre moi-même, et non contre quelqu’un. Depuis la pratique fréquente du karaté est devenue pour moi un outil de recherche, et d’approfondissement de mes capacités personnelles. Cette recherche porte sur l’apprentissage de mes rythmes internes (le travail des katas est excellent pour ce type de recherche). Elle porte également sur l’apprentissage de la perception du rythme de l’autre et le tout dans l’espace (le travail du kumite conventionnel est excellent pour ces deux derniers points). Ainsi, bien qu’une bonne condition physique soit importante, l’aspect sportif est devenu secondaire, et ma volonté de me dépasser a disparu. En fait, actuellement, la pratique du karaté me sert à m’améliorer, dans le sens de devenir meilleur au sens large. Je pense notamment à des qualités comme l’altruisme et le respect. C’est en ce sens que je comprends la déclaration de Gichin Funakoshi qui disait à peu près en ces termes : le karaté doit faire de l’Homme un bon citoyen. Nicolas L'entraînement en solitaire (juin 2009) Très grand pilier de la connaissance de soi, l’entraînement en solo est rarement évoqué dans la littérature … Mystification volontaire de la part des auteurs ? Ou préfèrent-ils parler de la nécessité de faire les moutons perpétuels derrière un gourou ?... Peut-être aussi que de cette façon les moutons se sentent en sécurité … Sur cette d’introduction volontairement provocatrice, je vais tenter d’expliquer ce qu’il peut y avoir derrière le karaté pratiqué quelques fois par semaine au dojo. Pratiquer de cette façon c’est déjà très bien mais ce n’est pas différent d’un autre sport et cela même si les entraînements sont parfois très durs. La pratique d’un karaté plus « do » demande d’autres d’efforts. Il faut avoir la volonté de pratiquer pour soi et sans but précis comme la compétition ou les ceintures. Pour être initié, et ce dans n’importe quel domaine, on a tous besoin d’un guide expérimenté. Un senseï est donc indispensable à l’apprentissage d’une excellente base sur laquelle le karatéka pourra se construire et se perfectionner. Le senseï marche devant, cependant le chemin on doit le parcourir soi-même ! Les vertus de l’entraînement en solitaire sont nombreuses. Vaincre la difficulté de la solitude, sans copain et sans regards admiratif. Parvenir à être régulier en augmentant la durée et la fréquence des entraînements. Ne jamais se trouver des excuses, le dire, le faire et point barre ! Ce sont les premières victoires de la volonté sur l’ego paresseux…Encore faudra t-il traverser les mois et les années ! Lorsque senseï Funakoshi commença le karaté à l’âge de 11 ans, ses maîtres, Azato et Itosu, avaient déjà bien plus de 50 ans… Senseï Funakoshi a pratiqué et enseigné le karaté durant 77 ans ! Sur ce long chemin il a très certainement partagé le fruit de ses recherches avec d’autres karatékas. Cependant il a dû assumer seul, au moins les deux tiers de sa progression. Lorsque les maîtres Azazo et Itosu sont décédés, senseï Funakochi ne devait avoir que la quarantaine. Plus proche de nous, seinseï Piacun pratique depuis plus de 40 ans ! Le temps qu’il a passé auprès de sensei Murakami ne pèse pas très lourd. Ce qu’il nous enseigne depuis longtemps n’est pas un copié collé de ce qu’il a appris de senseï Murakami… C’est un mélange de ce qu’il lui a été transmis, de sa recherche personnel, et de son tempérament. J’exprime donc par ces exemples que ceux qu’on considère comme « grand » sont en grande partie des autodidactes, soit des gens qui se sont entraînés seuls, qui ont fait par ce biais-là une véritable recherche. Durant ces entraînements, on peut travailler mille et une choses. On peut répéter les katas que l’on a appris. Ainsi au dojo le senseï ne répète plus la messe aux ânes … On peut aussi travailler ses techniques préférées et celles qui posent des problèmes. On peut améliorer sa condition physique, VTT, natation, jogging et musculation sont d’excellent complément ! On peut travailler tout ce qu’on ne fait pas au cours normaux, sac, makiwara chute et compagnie ! On peut s’entraîner au soleil, sous la pluie, à midi ou à minuit ou lorsque bébé fait la sieste ! Bref, les possibilités sont infinies ! Pour cela, il faut créer un mode de vie favorable à l’entraînement, s’entourer de gens motivés et d’une littérature propice à sa progression. Par une recherche régulière, on développe son karaté sur les bases que l’on a apprises. L’apprenti devient musicien et le musicien devient compositeur. Il en est de même dans la vie. On ne reste pas à l’école toute sa vie et jour on quitte le nid des ses parents pour construire le sien. C’est moins sécurisant mais tellement mieux ! Pour ceux qui recherchent plus qu’un sport, il est donc capital de s’entraîner également seul. Il s’agit là de la seule pratique sérieuse et sincère. Pour comprendre ce qui nous est enseigné on doit beaucoup répéter, expérimenter et chercher. Faire ses propres découvertes donne un sens à cette fameuse voie. Un des grands avantages des arts martiaux comme le karaté, c’est que les exercices, comme les katas, le kihon ou la frappe, permettent de s’entraîner seul. En s’entraînant seul vous pratiquerez un karaté bien plus complet, bien plus vrai ! Le meilleur de tous, le votre ! Celui qui vous montrera vos points forts et vos faiblesses. Celui qui vous fera devenir acteur, celui qui vous aidera à respirer ! Ichi, ni, san au dojo c’est sympa, mais en travaillant seul, la sueur devient sucrée ! Je suis conscient que ce genre de pratique n’est pas accessible à tout le monde. Tous les oiseaux ne sont pas faits pour voler. Les autruches ne volent pas mais elles courent très bien ! Cependant la responsabilité d’un sensei est aussi de montrer qu’il existe autre chose derrière la pratique d’un karaté « standard ». Chacun est libre d’aller jusqu’où il veut. Cependant chacun se doit de rester sincère envers lui-même et de faire de son mieux !
Celui qui veut devenir trompettiste ne joue pas du piano …. ! bernard Grade et responsabilité (avril 2009) Comme « sacrifice », responsabilité est encore un de ces mots qui font un peu peur… On est plus souvent prêt à défendre ses droits que d’assumer ses devoirs… Encore une bizarrerie du comportement humain mais qui est finalement une chose naturelle. L’eau emprunte toujours le chemin le plus facile et préfère contourner les obstacles… C’est pourquoi j’aimerais encore une fois parler des grades et des conséquences sur le comportement et la responsabilité. Tout d’abord, vous devez savoir que les grades dans les arts-martiaux japonais n’ont pas toujours existé. En fait c’est plutôt assez récent. Les grades sont apparus plus ou moins en même temps que la volonté politique du japon de devenir une grande nation moderne. C’est un peu avant 1900 que cette révolution commença au japon et pour ce faire ils se sont fortement inspirés de la culture et de la technologie occidentale. C’est à cette même époque que la caste des samouraïs fut décimée… Dans les temps plus anciens les grades tels qu’on les connaît aujourd’hui n’existaient pas. Cependant il existait un système de titres, qu’un maître décernait à ses élèves. Ren-shi, kyo-shi ou encore han-shi. Ces titres sont encore utilisés aujourd’hui mais leur signification n’est plus la même. Par le passé un maître donnais à son élève un titre, ce titre était en fait un certificat qui attestait d’un certain niveau de connaissance. Ce certificat était signé de la main du maître ce qui engageait sa responsabilité et sa réputation… C’est, entre autre, pour cette raison qu’à l’époque un maître n’enseignait pas à n’importe qui et sélectionnait ses élèves avec soin et cela au départ de leur formation. Lorsque senseï Funakoshi arriva au Japon en 1920 il n’avait ni karate-gi ni ceinture noire… Ce n’est que lorsqu’il dû faire une démonstration au kodokan (le dojo de maître Kano, le fondateur du judo) qu’il porta pour la première fois un karate-gi. Il s’inspira des judo-gi et il fabriqua lui-même son karate-gi durant la nuit qui précéda la démonstration… Le système de grade était déjà en place pour le judo et maître Funakoshi s’en inspira pour le karaté. Il est important de savoir que le niveau le plus élevé décerné par senseï Funakoshi fut le 5ème dan. Ce niveau correspondait à la limite de ce qui pouvait se juger de l’extérieur. La suite de la progression étant plus spirituelle ne pouvait donc pas être jugée. Après la mort de senseï Funakoshi en 1957, une surenchère des dan commença pour monter progressivement jusqu’au 10ème. Après cette introduction historique je vais maintenant tenter d’expliquer ce que j’entends par responsabilité. Un gradé doit surtout être un exemple pour les débutants. Il a la responsabilité de se comporter correctement, des vestiaires aux tatamis en passant par son attitude en public. Un gradé doit se montrer courtois et respectueux et ne jamais profiter de son éventuelle supériorité. Il doit rester les pieds sur terre, il ne doit pas attraper la grosse tête et provoquer. Il doit rester modeste et cela même si c’est la bête des bêtes ! Sa motivation est sans failles ainsi que sa régularité aux entraînements et il s’entraîne plus que deux fois par semaine... Il sait que les débutants le regardent. Par son attitude, sa foi et sa motivation, il aide le senseï à démontrer que des résultats sont possibles pour autant qu’on ne se contente pas seulement d’être un spectateur. Plus il est gradé plus il deviendra un « chercheur ». Le gradé marche dans les traces de son senseï mais il doit aussi faire ses propres expériences en s’entraînant seul et avec d’autres gradés. Il doit être capable de s’entraîner en l’absence des copains et des regards admirateurs... Un gradé ne s’entraîne pas seulement lorsqu’il en a envie ou lorsqu’il a du temps. Il organise sa vie en fonction des entraînements… Là j’arrête… car j’ai les oreilles qui sifflent ! Chacun a sa brouette d’excuses… mais je me console en constatant que certain y parviennent… ! Et je désire surtout faire comprendre que dans la liste des choses à faire, l’entraînement est plutôt dans les premières lignes que dans les dernières ! Le gradé doit rester discret et ne pas vanter ses exploits. Il s’entraîne pour lui et non pas comme un moyen de faire valoir auprès des autres. Le karaté est aussi une arme donc si elle est secrète, elle peut être plus efficace. En restant discret on évite aussi toutes sortes de provocations et de se placer dans une situation délicate. On évite aussi les questions débiles… du style « t’es quelle ceinture ? » Une autre responsabilité du gradé, est celle d’enseigner. A quoi ça sert d’apprendre et de ne jamais redonner ? Il est important que le gradé prenne conscience de l’enseignement. D’une part ça l’aidera dans son évolution et d’autre part il s’acquittera de sa dette. L’enseignement c’est un peu comme la compétition, ce n’est pas un passage obligé mais c’est une bonne expérience ! En conclusion, un gradé ne doit pas se contenter de passer des examens, il doit s’entraîner sans relâche pour améliorer ses capacités techniques et physiques et tout faire pour comprendre au mieux l’art du karaté-do. En s’entraînant pour lui, il devient son propre ennemi. Il devra combattre la paresse et l’orgueil de son égo. Un esprit détaché est un esprit libre, vive la liberté ! bernard Le samedi matin ! (février 2009) En début d’année on prend souvent des bonnes résolutions. J’en ai pris une, faire un article sur les entraînements du samedi matin ! Je pourrai ainsi rappeler le but des ces entraînements et ce que j’attends des participants. Ceci afin d’éviter tout malentendu ou mauvaise compréhension. De leurs débuts à samedi passé il n’y aura plus de secrets ou presque… Cet article s’adresse aussi bien aux habitués qu’au futur participant ! Il y a environ 260 mois, mon entraîneur, Jean marc, m’avait fait entrer dans le cercle très exclusif d’une bande de karatékas s’entraînant sous sensei Piacun. Tous les samedis nous allions à Berne et pour ma part c’était avec la peur au ventre… Les entraînements étaient très durs. Les karatékas étaient très expérimentés, les séries de technique n’en finissaient plus, la sueur coulait à flot et les kiaï raisonnaient dans le dojo ! Au début de l’histoire du Shirsagi-Dojo, l’idée de faire un entraînement du samedi matin m’est donc venue naturellement. Cependant le principe était différent. A Berne, senseï préparait des karatékas en vue de la compétition. Au Shirasagi-dojo l’idée était de trouver quelques karatékas bien motivés afin que je puisse m’entraîner avec eux pour progresser. Les exigences étaient d’avoir la ceinture marron, une participation sans faille et être en pleine forme à 7h30. Pourquoi si tôt ? Il y a beaucoup d’avantages à s’entraîner tôt. Au début de la journée on est frais et bien reposé ! Si on commence tôt on finit tôt ! La journée est encore longue et on peut faire encore plein de choses ! Mais la raison principale est la suivante : C’est une forme de sélection. Il faut avoir une bonne dose de motivation pour se lever si tôt les jours de congé…ainsi et à ma plus grande joie, glandeurs et glandeuses, foireurs et foireuses se sont tenus bien à l’écart de ces entraînements. Les plus motivés étaient là, on pouvait s’entraîner et profiter pleinement des uns des autres ! On allait parfois courir et sur le chemin de Planeyse on croisait une jeunette (on l’était aussi à l’époque) qui nous regardait, les yeux exorbités, et nous disait « Vous n’êtes pas un peu fou d’aller courir à cette heure ?.. » On allait souvent dehors. On essayait de varier, entre la plage de Colombier et Planeyse rien ne nous arrêtait ! Ni le vent, ni la neige. On a même fait des katas sur l’étang gelé du camping !... Personne ne s’est noyé, personne ne s’est tordu les pieds… On s’entraînait et on profitait des variations imposées par la nature. En me remémorant tout ça, je me dis qu’on était de sacrés frapadingues… Mais c’est peut-être ainsi qu’on peut progresser et parfois dépasser ses propres limites. Travailler des katas, du combat ou simplement courir dans des conditions inhabituelles développe toutes sortes de qualités utiles au développement de son propre potentiel. Tan sur le plan physique que psychique ! Au fil des ans, cette première équipe s’est dispersée et je me suis retrouvé seul avec Maria pendant deux ans. Elle et moi, point barre ! Elle était t0ujours là et toujours de bonne ! C’était un peu David et Goliath ! C’est là que j’ai appris qu’on pouvait s’entraîner à fond indépendamment de la morphologie du partenaire. Depuis l’équipe s’est bien remontée et j’avoue passer des moments formidables voire même inoubliables ! Cependant il faut rester vigilant et ne pas trop dériver en un rendez-vous trop « copain copain » où chacun pratique à sa sauce. J’aimerais donc mettre un peu d’ordre, remettre l’église au milieu du village et réexpliquer la raison de ces entraînements. Pour progresser, on a entre autre besoin de bons partenaires. Ceux-ci doivent avoir un bon niveau technique, une bonne compréhension des arts martiaux et doivent être des chercheurs assidus. Ils doivent s’entraîner régulièrement la semaine soit aux cours officiels, soit seuls, ou encore, aux cours officiels et seuls ! Ainsi le samedi matin on peut mettre en pratique des exercices de combat plus compliqués et les expérimenter avec différents partenaires. C’est pour moi aussi l’occasion de travailler avec des karatékas au top car je viens pour m’entraîner et pas pour donner un cours ! A l’origine de ces entraînements le niveau requis était le 3ème kyu. Je pense qu’aujourd’hui ce n’est plus suffisant ou alors le manque technique devrait être compensé par une motivation hors du commun. L’idéal étant des partenaires ayant intégré la technique, c'est-à-dire qu’ils ne doivent plus réfléchir à ce qu’ils font. Les gestes techniques devraient être naturels. Je ne peux donc plus vraiment dire à quel niveau de ceinture cela correspond…Mais pour une personne normale cela doit représenter quelque chose entre 5 et 10 ans de travail soutenu. Tous les samedis ou rien ! Cela semble un peu dur craché comme ça … Mais c’est pourtant ce que je demande ! Plus encore je vous veux en forme ! Le samedi n’est pas un cours de rattrapage, de préparation aux examens ou parce que « mon copain n’est pas là je ne viens pas… » Vous êtes tous libres ! Je ne suis pas votre gourou, je veux simplement m’entraîner avec des gens aussi dérangés que moi… Alors choisissez et assumez ! Ne marchez pas au milieu de la route !... Certain ont une famille et ce n’est pas toujours facile de tout concilier et je peux comprendre que quelques entraînements soient sacrifiés sur l’hôtel des devoirs du cœur. Idem pour les problèmes liés à la santé et au travail. En dehors de ces quelques raisons je n’en vois pas d’autres de valables ! Pour conclure, j’ai besoin de chercheurs sincères qui s’investissent sans compter. J’ai besoin de karatékas capables de me donner des répliques sincères et aussi de me poser des problèmes. Ce n’est quand se posant des difficultés qu’on peut s’améliorer. Le travail avec partenaires est le sujet important du samedi matin. On se doit tous d’être performant, ceci pour le plus grand respect de son partenaire. La pratique régulière du karaté doit apporter l’équilibre dans la vie. C’est le bâton qui aide à se tenir debout mais c’est aussi celui qui frappe sur les fesses lorsqu’on cède à la paresse ! En aucun cas le karaté solutionne les problèmes mais il aide à les relativiser et à voir les choses sous un autre éclairage. Le karaté est un chemin en vue d’une bonne vie. Ce n’est pas un chemin pour tout le monde et il y en a d’autres mais chacun devrait trouver le sien. bernard
Les grades (Août 2008) Quelle histoire ces examens… Servent-ils à quelque chose ? Est-ce si important ? Je me souviens que lorsque j’avais commencé le karaté j’avais vite mémorisé les différentes couleurs de ceinture et la noire m’apparaissait comme un but à atteindre… Lorsqu’on en parlait entre potes, on imaginait la ceinture noire comme une sorte de certificat d’invincibilité ... Les grades font partie de la pratique du karaté. Ils sont répartis en kyu pour les grades inférieurs et en dan pour les grades supérieurs. Les kyu sont au nombre de neuf dans certaines écoles et six dans d’autres. Pour le karaté, le maximum est théoriquement le 10ème dan. Un seul occidental a reçu ce grade, Henri Plée. Le grade n’exprime pas un niveau d’efficacité, mais il mesure les progrès du pratiquant. Un jeune de 10 ans qui porte une ceinture jaune ne peut pas prétendre à la même efficacité qu’un adulte. Donc, lors d’un passage de grade, c’est un niveau de connaissance, dans un contexte précis, qui est attesté. Lorsqu’un élève est promu de 3ème en 4ème année, c’est qu’il a acquis un certain niveau de connaissance. Cela ne prouve pas qu’il soit intelligent… Beaucoup de pratiquants sont motivés par les passages de grade. Ce n’est pas une mauvaise chose mais il faut bien garder à l’esprit que l’important c’est le travail qu’il faut faire pour y parvenir. Avec le temps cette motivation primitive doit disparaître et on doit simplement s’entraîner pour améliorer ses propres capacités. Il est impératif d’éviter la comparaison avec les autres candidats. Les passages de grade ne sont pas une compétition. La préparation à un passage de grade doit toujours être entreprise avec le plus grand sérieux. Il est évident que plus le grade est élevé plus la préparation doit être parfaite. Tout esprit minimaliste doit être écarté et se présenter à un examen dans l’idée de tenter sa chance, est tout simplement ridicule… Plus le niveau augmente plus l’examen devient un défi. Mais un défi envers soi-même car dans les examens supérieurs on se trouve vite face à ses propres limites qu’il faudra surpasser. Rien ne sera de trop…L’attitude juste doit être partout et en tout temps. De l’entrée sur les tatamis jusqu'à la sortie, en passant par les katas, la technique et tout ce qui devra être présenté au senseï. Le stress précédent l’examen est tout à fait normal. Le trac n’est rien d’autre qu’une défense naturelle du corps humain, le but étant de préparer ce dernier à réaliser un effort supérieur à la normal. Il n’est pas bon de lutter contre ce phénomène mais plutôt d’essayer de le canaliser et d’utiliser cette énergie émotionnel à bon escient. Pour y parvenir, un échauffement de qualité permet d’entrer sur le tatami dans de meilleures conditions. La respiration joue aussi un rôle essentiel donc il faut se forcer à respirer correctement et profondément. Le grade apporte des responsabilités, toujours plus de devoirs… C’est l’homme qui donne de la valeur à son grade et non le contraire. Un gradé doit tout faire pour montrer le bon exemple. Il doit aussi continuer à s’entraîner sérieusement, pour assumer sont grade. A quoi cela servirait de passer un xème dan et de ne plus s’entraîner… Un gradé doit se montrer humble car il n’y est pas parvenu tout seul. Sans la tradition, sans senseï, et sans camarades d’entraînement il n’est pas possible d’apprendre et de progresser. Il est important aussi de ne pas se prendre trop au sérieux… L’élévation du niveau devrait aller de paire avec une diminution de l’ego. Les gradés devraient montrer l’exemple en convertissant la susceptibilité en autodérision. Pour conclure, je dirais que ce n’est pas une bonne chose de se prendre la tête avec ces grades…Un karatéka accompli n’est pas forcément un karatéka gradé ; tout comme la réussite d’une vie ne dépend pas que des résultats des études ! La vérité est toujours plus profonde et bien plus complexe. Le passage d’un grade ce n’est qu’un évènement, pas le but du karaté. L’objectif de l’examen, c’est de le réussir le mieux possible. Les grades jalonnent simplement la progression. Une fois le grade acquis, rien ne change, on continue à s’entraîner avec sérieux et détermination. Il faut comprendre que l’entraînement doit prendre de la place dans la vie de celui ou celle qui entreprend de marcher sur la voie du budo…
bernard Le karaté : un travail personnel (janvier 2008) Beaucoup de maîtres de karaté s’accordent à dire qu’il existe trois niveaux en karaté. Le niveau débutant (Shu), le niveau avancé (Ha), et le niveau supérieur (Ri). Quelle que soit son niveau, un karatéka doit toujours entraîner les katas, le kihon, et la technique à deux. Très schématiquement, le 1er niveau correspond à l’apprentissage de la technique. Le karatéka apprend la forme. Son karaté est vécu extérieurement. Souvent les karatékas arrêtent de pratiquer à ce moment là. Ils ressentent une certaine lassitude à répéter sans cesse les mêmes mouvements, et ne peuvent plus espérer apprendre grand-chose dans la forme. A vrai dire, il arrive également que les karatékas n’arrêtent pas à ce stade, même des karatékas dits avancés, mais qu’ils ne parviennent jamais à sortir de la forme qui, dans ce cas, est vécu comme un véritable carcan. Le stade avancé est en fait le stade auquel le karatéka parvient lorsqu’il ne ressent plus le poids de la forme. L’exécution technique est devenue secondaire. Non pas qu’elle est négligée, mais bien que le karatéka agit librement. Le corps n’est plus dicté par l’intellect, il réagit dans l’action. La forme n’étant plus ressentie comme un carcan, le karatéka peut enfin se concentrer sur ses sens. Il est en éveil. Il peut ressentir intérieurement l’impact de ce qu’il fait extérieurement. Bref, le travail intérieur a vraisemblablement commencé. Seulement voilà, parvenir au stade avancé est une chose difficile. Sans un maître sérieux, inutile de penser y parvenir un jour. Cependant, le maître n’est pas tout. Il faut aussi que le karatéka qui entend avancer, progresser, soit sérieux également. Un karatéka sérieux n’est pas seulement celui qui se contente de suivre assidûment les entraînements du Sensei. Le karatéka sérieux est aussi celui qui a pris la responsabilité de son karaté en s’entraînant tout seul. En fait, s’entraîner en groupe, revient à être tourné vers l’extérieur, à se battre (travailler) contre (avec) un adversaire (partenaire) visible, ou c’est plus simplement être sous le regard de l’autre. S’entraîner seul, renverse la vapeur. On se tourne vers son intérieur pour être à l’écoute de ses sensations, ou inversement. Cela revient à se battre contre soi-même comme adversaire vraisemblablement le plus redoutable. C’est en même temps tenter de travailler en harmonie avec soi. Quoiqu’il en soit, on est sous son propre regard, seul avec sa conscience. Sans ce travail, inutile d’espérer passer du niveau Shu au niveau Ha. Du moins, à mon avis. Quant au niveau supérieur, j’espère savoir ce que c’est, ou plus exactement être capable un jour de le ressentir. En 2035 peut-être… Nicolas La notion du sacrifice, un mal nécessaire (août 2007) Il me semblait indispensable de parler de cet ingrédient indissociable à la grande cuisine des arts martiaux ou sports martiaux pour les puristes. Bien souvent, lorsque je me décide à écrire sur un sujet particulier, c’est que ce quelque chose est en voie de disparition et devient rare. En vacances, sous un parasol au bord de la mer, pour y songer ce fût l’idéal ! Afin d’éviter toutes mauvaises interprétations, je précise que la notion du sacrifie dont je parlerai, concerne uniquement le sacrifice du temps passé à se divertir à la place d’un entraînement. Certaine culture n’hésite pas à sacrifier des animaux ou même des humains afin de s’assurer un meilleur avenir. Tout ça pour servir un hypothétique sauveur que personne n’a jamais vu là où la famine et la guerre font des milliers de victimes… Dans notre société de consommation des plaisirs de toutes sortes, je suis bien conscient que faire des théories de ce genre va paraître ringard ou être mal compris. Tant pis, j’aime les risques et si cela peut secouer les neurones de quelques uns (es), mon but sera largement atteint. Entrons dans le vif, celui qui pique ! La maîtrise d’un art ne tombe pas du ciel…Ce n’est que par un très long travail sur soi-même que l’on peut progresser pas à pas. En fait, c’est de l’auto dressage afin de limiter les dégâts de ce conflit intérieur, raison contre passion. Comment y parvenir ? Bonne question ! Probablement qu’en assumant ses choix on avance déjà un peu. Il est capital de s’auto discipliner et surtout d’apprendre à s’entraîner même lorsqu’on en a pas envie. L’entraînement n’est pas une question d’envie mais de devoir. Devoir envers soi-même. Personne n’est astreint à l’entraînement et nous sommes tous libres de choisir. On s’entraîne sérieusement ou on ne s’entraîne pas du tout. Parole de sensei Miyagi dans « Karaté-kid I » L’infortune vient de notre propre faiblesse, dit le 7ème kyukun. Donc, il ne faut pas hésiter à sacrifier un soirée DDP&C (dring drog pétard et compagnie) !!! Développer sa force de caractère c’est très exactement ça. Avoir du caractère ce n’est pas avoir la plus grande gueule du quartier, c’est assumer ses choix et faire se que l’on s’est imposé.
Attention tout de même à un effet pervers. Celui de développer une forme d’égoïsme et de s’entraîner envers et contre tous. Votre entourage ne comprendra pas toujours votre obstination. Remarquez, que si quelqu’un vous demande d’arrêter l’entraînement c’est que lui aussi cultive une forme d’égoïsme. Sachant qu’un entraînement dure environ 1h30 et qu’une petite vitesse de croisière serait de 2 à 3 fois par semaine, je pense que cela devrait être jouable par beaucoup. Surtout si l’on compare ce temps au temps passé derrière n’importe quel appareil multimédia, de la TV à Internet en passant par SMS, jeux vidéo et conneries en tous genres. Bien souvent j’entends dire « je n’ai pas le temps » C’est vrai que nous sommes tous stressés mais peut-être que de sacrifier un peu de ces loisirs, pas toujours très utiles, pourrait apporter un bon bol d’air pur à la pratique du karaté-do !
Certains crieront « on ne vit qu’une fois ! » Alors, raison de plus pour ne bas la bousiller cette vie et de ce donner les moyens (faire les sacrifices nécessaires) afin de maîtriser le mieux possible un art qui apportera une autre vision des choses ainsi qu’un véritable bien être. Toutefois, les amusements sont indispensables à l’équilibre de l’esprit mais ils ne doivent jamais empiéter sur les entraînements. Conclusion, si ces lignes vous ont piqué l’ego, c’est que cet article vous est dédicacé ! Vous pouvez le relire. La 2ème fois est moins douloureuse…Si au contraire vous dite « Oui, oui il a raison » c’est que vous pouvez en faire encore un peu plus ! Et si par malheur cela ne vous fait rien du tout alors arrêtez de vous entraîner ! bernard Niju kakate jutsu kyokun (mars 2006) Combien d’entre vous ont déjà entendu parler des « 20 préceptes du karaté-do » ? Si vous les connaissez déjà ce sera l’occasion de les redécouvrir sinon, un bon sujet de méditation…C’est vrai que je ne vous en ai jamais parlé directement mais pour ceux qui écoutent mes « grandes » théories, ce qui suit ne vous paraîtra pas complètement zarbi. D’abord secret donc jamais écrit, les 20 préceptes ont été rendus public dans les années 20 par senseï Funakoshi. Attention, ne regardez pas seulement le doigt qui montre la lune, mais essayez de regarder en sa direction ainsi vous aurez une chance de la contempler. Par exemple, le kyokun N°16 ne cherche pas à cultiver la paranoïa mais plutôt l’idée que si on l’ouvre trop n’importe où, on risque d’avoir des problèmes…Ce n’est pas toujours simple à comprendre alors chercher sur le net d’autres traductions de ces préceptes. Par contre, essayez d’appliquer ceux que vous comprenez !
1) Rei au début, rei à la fin 2) Il n’y a pas d’attaque en karaté martial 3) Karaté martial est complément de justice 4) D’abord se connaître soi-même pour connaître les autres 5) La technique mentale est plus importante que la technique physique 6) Garder l’esprit détaché 7) L’infortune vient toujours de notre propre faiblesse 8) Karaté martial pas seulement au dojo 9) L’entraînement au karaté martial dure toute la vie 10) Trouver les solutions aux questions, dans la nature 11) Si l’on ne garde pas le feu sous le chaudron, l’eau devient froide 12) Ne pas penser à gagner, ne pas penser à perdre 13) En combat réel, agir en fonction des adversaires 14) Karaté martial est manœuvre entre vrai et faux 15) Toujours penser que bras et jambes sont des sabres 16) En franchissant la porte de notre maison, un million d’ennemi nous attendent 17) Prendre la garde, pour le débutant ; plus tard, tout doit partir de la posture naturelle 18) Le combat réel est différent du kata 19) Varier les rythmes, hauteurs tension relâchement vitesse lenteur 20) Toujours être créatif
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